samedi 30 décembre 2023

DOM-TOM

LA PRESSE RÉUNIONNAISE  EN GRANDE DIFFICULTÉ 

Le Quotidien de la Réunion a trois mois pour trouver un repreneur et éviter la liquidation. Le tribunal de commerce de Saint-Denis a autorisé la poursuite d’activité du journal en cessation de paiements. 

Le 15 novembre, Henri J. Nijdam, qui possède l’hebdo  Le Nouvel Économiste proposait un plan de reprise incluant le rachat du concurrent, le Journal de l’île, également menacé par un dépôt de bilan. Chaque titre, opposés politiquement, bénéficierait de la mutualisation de l’impression et de la distribution. Ce plan, rejeté par la PDG du Quotidien estimant le montant du rachat trop faible, n’a finalement pas été présenté au tribunal. 

Alfred Chane Pane, imprimeur local, compte investir après la liquidation en lançant un hebdomadaire appelé à devenir quotidien, avec la création d’une agence de presse, et le recours à l’IA. Pour « sauver les meubles », le conseil régional de la Réunion a voté le 1er décembre une subvention exceptionnelle de 600.000 € pour payer les charges du journal d’ici le 26 mars. En 2022, Le Quotidien de la Réunion s’était fait remarquer en prenant la décision de boycotter la Coupe du monde de football au Qatar « au nom de ses valeurs ».


LIBÉRATION IMPRIMÉ AUX ANTILLES


Depuis le 21 décembre, Libération diffusé aux Antilles, est imprimé régionalement grâce aux nouvelles presses numériques installées sur les sites des Trois Ilets en Martinique et de Jarry à Baie Mahault en Guadeloupe. Le Monde est aussi client de ces imprimeries. Jusqu’alors, les journaux imprimés en Métropole prenaient l’avion. Cette démarche

écologique a été montée par Claude Perrier, ancien DG de France Antilles, repris par Xavier Niel en 2020.


EURONEWS DÉMÉNAGE

EURONEWS : VICTOR ORBAN À LA MANOEUVRE


11 avril 2024 : en juillet 2022, la chaîne d’info européenne Euronews voyait l’arrivée d’un actionnaire majoritaire : le fonds d'investissement Alpac Capital, basé au Portugal. 

La transaction (170 M€) avait été validée par la France, le siège se trouvant à Lyon.

Le site d'investigation hongrois Direkt36, le quotidien français Le Monde et l'hebdomadaire portugais Expresso ont révélé qu’un tiers des fonds proviennent de sources liées au Premier ministre hongrois Viktor Orban. Quelque 45 M€ ont été apportés par le fonds Szechenyi, organisme sous la tutelle d'une fondation présidée par le ministre de l'Economie Mihaly Varga.  Le directeur d'Alpac Capital, Pedro Vargas David, est par ailleurs le fils de l'ex-député européen Mario David, ancien conseiller et ami personnel de M. Orban. La direction d’Euronews conteste « toute idée ou suggestion d'ingérence éditoriale dans sa mission d’information ». Si les journalistes de la chaîne n'ont pas constaté d'influence éditoriale, les syndicats dénoncent les contrats publicitaires signés avec des pays comme l'Azerbaïdjan et l'Arabie Saoudite qui, selon eux, affectent les contenus. 

Le SNJ réclame une enquête parlementaire sur le rachat de la chaîne européenne. 

Lancée en 1993, Euronews a connu depuis 2020 plusieurs restructurations qui ont réduit ses effectifs de moitié avec une rédaction essentiellement redéployée à Bruxelles. 

EURONEWS DÉMÉNAGE

La chaîne européenne en continu emménage en janvier dans ses nouveaux locaux de Bruxelles, son siège d’Ecully (près de Lyon) ayant été vendu. Multilingue, le média entend développer l’événementiel avec la création de bureaux à Rome, Berlin, Lisbonne, Madrid et Londres. Le tout dans un contexte social tendu. Un plan de sauvegarde de l’emploi prévoit un redéploiement des effectifs dans des filiales pour 15 % des 178 salariés. Créée en 1993, la chaîne détenue à 88 % par le fonds d'investissement portugais Alpac Capital.

Des programmes d’IA sont utilisés pour la traduction des informations, contre la volonté des journalistes. En 2022, les pertes d’Euronews ont atteint 20 M€.


GROUPE CANAL +

CANAL + retire quatre chaînes…

À partir de juin 2025, le groupe CANAL+ retirera de la TNT ses quatre chaînes payantes : Canal +, Canal + Cinéma, Canal + Sport et Planète. Une décision radicale qui fait suite au non-renouvellement de la fréquence de C8 par l’Arcom et à un différend fiscal. Canal + confirme ainsi sa stratégie d’évolution en plateforme numérique, en conformité avec son modèle économique de chaînes payantes. « Seuls les abonnés de Canal + qui sont encore sur la TNT seront concernés » précise la filiale de Vivendi (ils sont 70.000 à fin septembre). Deux chaînes du groupe restent accessibles en clair : CNEWS, chaîne d’info, et CStar. L’Arcom avait justifié sa décision au regard de la mauvaise situation financière de C8 et du nombre record d’infractions de l’émission TPMP qui cumule 7,6 M€ d'amendes liés aux dérapages de l'animateur Cyril Hanouna. Pour sa défense, une pétition en ligne en faveur du maintien de C8  sur la TNT a dépassé près d’un million de signatures. Le groupe pointe les « décisions fiscales et réglementaires pénalisantes pour son exploitation en France » : la hausse de sa taxe versée au CNC (Centre national du cinéma), et les menaces sur son taux de TVA (10%) lié à son statut de premier financeur du cinéma français. Un statut soumis à la forte concurrence de Disney qui, après que CANAL ait mis fin à son partenariat au 31 décembre, envisage de quadrupler son investissement dans le cinéma français afin d’obtenir une diffusion des films dans un délai raccourci à neuf mois, voire six, après leur sortie en salle. De son côté CANAL renforce son partenariat avec Apple. Depuis le 12 décembre, les abonnés payants peuvent bénéficier d’un abonnement individuel à Apple Music avec 30 % de réduction, qui s’ajoute à l’accès à Apple TV+ possible depuis avril 2023.

… et supprime 250 postes


Ne plus avoir à émettre nationalement sur la TNT entraîne une économie pour le groupe Canal de 10 à 15 M€ par fréquence. Mais parallèlement à l’allègement de ces coûts, un plan social devient inéluctable : 250 postes seront supprimés dont 150 directement liés à l’arrêt de C8 au 28 février, indique l’intersyndicale CGT, CFE-CGC, CFDT et + Libres.

CDI, CDD, pigistes et intermittents sont concernés avec 100 autres suppressions dans d’autres secteurs du groupe, ce qui suscite la mobilisation syndicale pour qui « aucun argument économique ne justifie ce plan social additionnel ».

Quel avenir pour TPMP ?

L'émission de Cyril Hanouna s’arrêtera fin février avec la disparition de C8, pour reprendre le 3 mars. Reste à trouver une chaîne d’accueil : CStar ou une autre chaîne du groupe Canal selon des modes de diffusion alternatifs (satellite, ADSL et fibre via les opérateurs telecoms, Internet/OTT depuis l'application Canal+ sur les écrans connectés). 



TNT : exclusion confirmée pour C8 et NRJ12

12 décembre : les chaînes C8, NRJ 12 se sont vues notifier par l’Arcom la fin de leur autorisation d’émettre sur la TNT le 28 février à minuit. Un recours devant le Conseil d’Etat est possible mais il a peu de chances d’aboutir. Le régulateur de l’audiovisuel a officiellement signé 11 conventions avec les nouveaux titulaires, soulignant avoir privilégié la « diversité » du paysage audiovisuel : BFMTV, CNews, CStar, Gulli, LCI, Ouest France TV (OF TV), Paris Première, CMI TV, TFX, TMC et W9.

Cyril Hanouna : « Je monte un gros truc ! » 


Qui croire ? Selon des informations du Parisien (19.10.2024), Cyril Hanouna s’apprêterait à quitter C8, la chaîne du groupe Canal + qui depuis 12 ans collabore avec sa société de production H20. L’émission Touche pas à mon poste pourrait s’arrêter dès le 20 décembre, deux mois avant la fermeture possible de C8, en raison de la baisse des recettes publicitaires en janvier-février.


Ces infos ont été formellement démenties par Gérald-Brice Viret, DG de Canal +, qui assure que TPMP sera diffusée quotidiennement jusqu’au 28 février, date de la disparition de C8 sur la TNT, suite à la décision de l’Arcom. « Notre engagement envers Cyril Hanouna, l’un des animateurs les plus talentueux et reconnus en France, est indéfectible » ajoute-t-il. Une assurance confirmée le 21 octobre sur Europe 1 par Franck Appietto, DG de C8. Le soir même, dans TPMP, Hanouna réagissait : « Si C8 disparaît le 28 février, il y aura d’autres solutions au sein du groupe. On est en train de travailler dessus. Ça se passe très très bien avec le groupe Canal+. Vincent Bolloré, ça fait 20 ans qu’on se connaît, qu’il me suit. Il a toujours été là pour moi. Ma priorité, c’est de continuer une émission quotidienne ». Des propos réitérés le 24 octobre dans TPMP : 

«  Je reste dans le groupe Canal. Je suis en train de monter un gros truc », avec une offre multimédia prévue pour mars : « Il y aura de la télé, une plateforme digitale, de la presse digitale et de la presse papier ». 

Fin novembre, la situation va s’éclaircir : le Conseil d’État se prononcera sur le recours déposé par C8 qui espère inverser la décision de l’Arcom, prise en juillet dernier.

Depuis la rentrée, après une expérimentation positive en juin en pleine campagne législative, Cyril Hanouna anime On marche sur la tête sur Europe 1. Cette émission permet  à la radio du groupe Lagardère, absorbée par Vivendi, d’améliorer son audience.


 > La fille de Brigitte Macron rejoint TPMP


Depuis le 9 octobre, Thiphaine Auzière, 40 ans, la fille de Brigitte Macron, a rejoint Cyril Hanouna sur C8. Avocate, elle intervient chaque semaine en tant que chroniqueuse juridique, rebondissant sur l’actualité pour expliquer le fonctionnement de la justice. En mai dernier, elle était déjà venue à Touche pas à mon poste (TPMP) pour parler de son roman, titré Assises. En 2020, elle était déjà apparue dans les médias avec des chroniques dans l’émission de Julian Bugier sur Europe 1.


> C8 : 50.000 € d’amende


L’Arcom a infligé une amende de 50.000 € à C8 (groupe Canal +) pour une séquence de PAF avec Baba, présentée par Cyril Hanouna. Le 12 septembre 2023, il avait diffusé des vidéos de personnes présentées comme ayant consommé la drogue dite ‘’du zombie’’. Le régulateur estime que C8 a manqué à ses obligations de respect des droits de la personne, honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’info.

Deux autres séquences de septembre et janvier dernier sont en cours d’étude (salles de cours d’un collège mises à disposition d’élèves musulmans et propos antivax).

LE RETOUR DE SÉBASTIEN THOEN SUR CANAL+

Licencié de la chaîne cryptée en 2020, suite à un sketch parodique de l’émission « L’heure des pros » de Pascal Praud, l’humoriste Sébastien Thoen a été réengagé par Canal+. Depuis le 21 décembre, il présente à 22 h 45, la fiction « Merci patron ! » où il s’imagine directeur des programmes. Maxime Saada, le PDG, a passé l’éponge…


TPMP DANS LE COLLIMATEUR DE COMPLÉMENT D’ENQUÊTE 


30 novembre : le magazine « Complément d’enquête » consacré sur France 2 à l’animateur Cyril Hanouna a connu une audience record en attirant plus de 3 millions de téléspectateurs, selon Médiamétrie. 

Malgré un horaire tardif (de 23 h à 0 h 30), la part d’audience a été de 32,9 %.

L’enquête, à charge contre l’animateur de 49 ans et son émission « Touche pas à mon poste » sur C8 (groupe Canal+), révèle qu’il pèserait, pour le seul mois de septembre, jusqu’à 50 % des recettes publicitaires de la chaîne (15 M€). L’émission revenait sur les polémiques (fausses informations à propos homophobes) qui ont entrainé des mises en garde et des sanctions records de l’Arcom pour un total de 7,5 M€. Les journalistes ont montré que le nombre d'articles sur ces sanctions a dégringolé peu après le rachat de Prisma Media par Vivendi pourtant spécialisées dans l’actualité télé et people (Télé-Loisirs, Télé 2 semaines, Voici) à l’exception de Capital et de Femme Actuelle

Entre le 1er janvier 2016 et le 31 mai 2021, sur six médias analysés, 759 articles font mention de l'Arcom et de Hanouna, soit 11,7 par mois en moyenne. Entre le 1er juin 2021 et le 31 octobre dernier, on n'en dénombre que 31. Soit un peu plus d'un par mois, plus de 11 fois moins qu’avant. Autocensure ? Prisma réfute toute consigne donnée par Vivendi. Le groupe, interrogé par France Info, précise que « sur le pôle TV, nous veillons à entretenir des relations correctes avec les animateurs, Cyril Hanouna comme les autres ».

Entre mai 2021 et octobre 2022, 183 journalistes ont quitté Prisma en invoquant la clause de cession (soit 45 % des effectifs).

Associé à Yannick Bolloré, le fils de Vincent, Hanouna a fondé en 2010 la société H2O, Havas (filiale de Vivendi) étant alors actionnaire majoritaire à 51 %. 

En 2019, l’animateur a revendu ses parts à Banijay Group devenu propriétaire à 100 %. 

(l’actionnaire majoritaire de Banijay est Stéphane Courbit, à 33,2 % et Vivendi à 32,9 %).

CNEWS BOUSCULE BFM TV

11 décembre : avec 2,7 % de part d’audience sur une semaine, CNews se place devant BFM-TV (2,5 %), jusqu’alors leader inamovible des chaînes d’info en continu. L’audience de « L’Heure des pros », de Pascal Praud, fait de CNews la deuxième chaîne nationale à cet horaire. Une première pour la chaîne d’info depuis sa création en 2017. Elle appartient au groupe Canal+, contrôlé par Vivendi. Chaîne aux idées ultraconservatrices, elle a succédé à i-Télé. Une grève massive et le départ des trois quarts des journalistes étaient survenus en 2016 après la prise de contrôle de Vincent Bolloré.


CHRISTINE KELLY REPREND SA LIBERTÉ


Christine Kelly, journaliste sur CNews et ancienne membre de l’ex-CSA de 2009 à 2015, a annoncé début décembre qu’elle quittait le média en ligne Factuel à peine sept mois après son lancementElle avait signé un contrat d’image rémunéré avec une participation minoritaire au capital. La Lettre révèle que le média connaît des difficultés financières.


CANAL + SIGNE AVEC APPLE TV+ 


20 avril : tous les abonnés Canal+ ont désormais accès aux contenus de Apple TV+ sans surcoût, et directement dans myCanal. Cette annonce a été faite par un simple Tweet de Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal +.

Cet accord pluriannuel est considéré comme historique par la chaîne cryptée. L’offre est valable en France et en Suisse et sera étendue à la Slovaquie et à la République Tchèque.

Cette synergie avec le service de streaming américain lancé en 2019 par Apple permet d’augmenter considérablement la diffusion de séries comme Ghosted, Silo, The Morning Show, Foundation, Téhéran, Ted Lasso, Liaison, See, Severance, For all Mankind.

Avec la reprise en janvier 2023 par Canal des chaînes OCS et de sa filiale de coproductions de films et de séries Orange Studio, la concurrence devient de plus en plus vive dans le secteur des plateformes de streaming. Canal inclut également dans son offre Netflix, Disney+, Paramount+.


CANAL+ : FRÉQUENCE RENOUVELÉE ET BÉNÉFICE EN HAUSSE


8 mars : Canal+ a obtenu de l’Arcom le renouvellement de sa fréquence jusqu’au 5 juin 2025, son autorisation de diffusion sur la TNT arrivant à échéance le 5 décembre prochain. Si la TNT n'est pas un gros vecteur d’abonnés, Canal entend garder des marges de négociation dans plusieurs dossiers de long terme, incluant, entre autres, le renouvellement de la fréquence de CNews en 2025.

Le groupe audiovisuel, principal moteur de croissance de Vivendi, sa maison mère, contribue pour environ 60 % du chiffre d'affaires et des profits opérationnels de Vivendi en 2022, avec un bénéfice de 515 M€ (+ 7,5 %), pour un chiffre d'affaires de 5,9 milliards d'euros (+ 1,5 %). Canal a gagné 475.000 abonnés en 2022 pour un total de 9,5 millions d’abonnés dont 5,2 distribués directement en dehors des opérateurs Free ou Orange. 


OCS ET ORANGE STUDIO VENDUS À CANAL +


Janvier 2023 : le groupe Orange mute ! La vente du producteur de contenus OCS et d’Orange Studio à Canal + sera actée en février. Christel Heydemann (Polytechnique, Ponts), la nouvelle patronne du groupe Orange, enterre des branches déficitaires lancées sous le règne de Didier Lombard.

OCS, avec 3 millions d’abonnés, cumule plus d’un milliard de déficit. Une situation qui se serait aggravé en 2023 avec la perte des contenus de HBO (Game of Thrones, Succession et Euphoria), récupérés par la maison-mère Warner qui lancera en 2024 son offre française.

Canal +, déjà actionnaire à 33,3 %, conforte sa position et rachète aussi Orange Studio, jusqu’alors concurrent de Canal dans la création cinématographique.

OBS (Orange Business Services), créé en 2019, issu de la fusion de sept filiales spécialisées dans les services informatiques, va également être vendu.


CONFLIT ENTRE WARNER ET CANAL


10 janvier 2023 : Warner et Canal + n’ont pas réussi à trouver un accord pour la diffusion des chaînes thématiques proposées jusque-là sur la plateforme MyCanal et les bouquets Canal : Cartoon, Boomerang, Boing, Warner TV, Toonami, TCM Cinéma et CNN. Ces chaînes restent disponibles chez les autres distributeurs français.

HBO propriété de Warner va aussi retirer ses contenus d’OCS qui vient d’être cédé par Orange à Canal. (lire-ci dessus)


LCI

RUTH ELKRIEF SOUS PROTECTION POLICIÈRE

4 décembre : le ministère de l’Intérieur a placé l’éditorialiste Ruth Elkrief (LCI ) sous protection policière suite à des commentaires tenus sur le réseau social X par Jean-Luc Mélanchon. Le leader de la France Insoumise l’avait qualifiée de « manipulatrice » et de « fanatique », l’accusant de « mépriser les musulmans ». Il réagissait à la façon dont la journaliste avait mené une interview du coordinateur de LFI Manuel Bompard sur la situation au Proche-Orient. 

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a estimé « inacceptable qu’en France une journaliste fasse l’objet de pressions et d’insultes et qu’elle ne puisse remplir sa mission d’information en sécurité ». Invité de la matinale de RTL  il estime que Jean-Luc Mélenchon « s’est mis en dehors de l’arc républicain ».

« Vous lui dites quoi, ce matin ? Tais-toi ? » relance la journaliste Amandine Begot. « Oui ! Ferme ta gueule ! »


Le groupe TF1 a assuré soutenir fermement sa journaliste et déplorer vivement « les invectives odieuse et insinuations dé placées dont elle est l’objet ».

« Blessée en tant que femme journaliste » Ruth Elkrief est revenue sur sa conception du métier : « Il s’agit de défendre la liberté des journalistes de poser des questions qui déplaisent. J’ai toujours conçu ce métier dans l’écoute et le respect de l’autre mais, en même temps, j’ai toujours pensé que c’était mon devoir de poser les questions difficiles (…) J’ai été élevée au Maroc, dans la connaissance et dans l’affection intimes pour les traditions culturelles et cultuelles juives, musulmanes et chrétiennes. Et c’est justement pour cela que je crois que seule la République laïque, même si elle est maltraitée, contestée, nous permet de vivre dans la concorde. Il y a une condition : se définir par sa citoyenneté et non par sa religion ou ses origines et ne pas y être renvoyé par les autres ». 


FRANCE INFO

Agnès Vahramian à la direction 


Après 32 ans à France Télévisions, Agnès Vahramian (IEP Grenoble, CUEJ), sans expérience de la radio, devient directrice de la station à compter du 16 septembre. Elle succède à Jean-Philippe Baille qui rejoint les équipes de BFM-RMC.

À 57 ans, grande reporter, encore récemment au coeur de la guerre en Ukraine, elle a été rédactrice en chef du JT de 20 h de France 2 (2014-2017), présenté par David Pujadas, et du magazine Envoyé spécial en 2011. Décriée pour son management et ses méthodes de travail elle quitta l’encadrement pour devenir à la rentrée 2017 correspondante permanente à Washington, puis à Jérusalem en 2021 avant de couvrir le conflit russo-ukrainien depuis le début 2022. D’origine arménienne, ses convictions religieuses l’ont conduite à présenter Le Jour du Seigneur.


FRANCE INFO : JEAN-FRANÇOIS ACHILLI LICENCIÉ 


Avril 2024 : Jean-François Achilli, qui avait été suspendu de Franceinfo en mars dernier, a finalement été licencié pour faute grave. 

Radio France reproche au journaliste qui co-présentait Les Informés de 20 h à 21 h, d’avoir engagé une collaboration avec Jordan Bardella, le président du Rassemblement National pour l’écriture d’un livre

Le journaliste, qui conteste les faits, avait indiqué avoir refusé de co-écrire ce livre mais reconnaissait que depuis l’été 2023 il avait eu des échanges avec le leader RN qui l’avait relancé. 

Jean-Philippe Baille, directeur de Franceinfo, a justifié la sanction en indiquant que J.F. Achilli n’avait pas respecté les règles déontologiques et « avait franchi la ligne rouge » en évoquant d’autres conflits d’intérêts  comme des media trainings, pratiques rémunérées interdites à Radio France.

« C QUOI L’INFO ? » POUR LES 12-18 ANS 

Depuis octobre, Camille Dahan et Nacer Boubekeur décryptent en cinq minutes l’actualité du jour pour les collégiens et les lycéens. Le JT « C quoi l’info ? », du lundi au vendredi à 18  h sur France Info canal 27 et franceinfo.fr, est également sur les réseaux sociaux YouTube, Snapchat, TikTok. Objectif : mettre l'actualité à la portée de tous dans un souci de pédagogie et d’accompagnement, en prenant aussi du recul sur les événements. Rédaction en chef : Carole Bélingard (IUT Tours, 2007).


EMI : « J’APPRENDS L’INFO ! »


France Info et Bayard Jeunesse lancent le 11 janvier 2024 un programme d’éducation à l’information à destination des scolaires.

« J‘apprends l‘info ! » consiste en des webinaires en présentiel, à la Maison de la Radio, et des streamings et replays tout au long de l’année. En 45 minutes, des journalistes apprendront aux 11-15 ans à décrypter des images, avec des animations interactives sous forme de quizz et de questions-réponses.

Le 11 janvier à 9 h 30 : « Salut l’info ! le direct - Les supers pouvoirs de l’image » avec Estelle Faure, journaliste à franceinfo et Rémi Chaurand, journaliste à Astrapi

Le podcast « Salut l’info ! » mettra l’actu de la semaine à la portée des 7-11 ans  et accompagne les enseignants dans l’éducation aux médias et à l’information. Bayard Jeunesse proposera chaque semaine « Le quart d’heure Actu Salut l’info » à écouter en classe, et complété par un quizz pour s’assurer que les élèves ont tout compris.


FRANCE CULTURE

FRANCE CULTURE A 60 ANS 

Pour ses 60 ans, France Culture propose le podcast « Les Iconiques » : une collection de plus d’une centaine de contenus depuis 1963, issus des Ateliers de création radiophonique, des Nuits magnétiques, des Carnets de voyages, de la Fabrique de l’histoire, etc. Présentés chronologiquement ou par thématiques, il est question de guerres, de sciences, de grands reportages, de territoires, de voix de l’intime, de docus-fictions.


mardi 28 novembre 2023

NÉCROLOGIES 2023-2024


DÉCEMBRE 2024


Olivier Todd, décédé dans la nuit du 27 au 28 décembre. 95 ans

Journaliste, essayiste, romancier, il avait couvert la guerre du Vietnam de 1965 à 1975 pour Le Nouvel Observateur. Contestant la direction de Jean Daniel, il passera à L’Express en 1977 pour devenir rédacteur en chef adjoint. À partir de 1973, il collabora à Newsweek International.

Biographe réputé, il explora les vies de Valéry Giscard d’Estaing (1977), de Jacques Brel (1984), d’Albert Camus ce qui lui valut en 1996 le prix littéraire France Télévisions, et d’André Malraux (2001). « Engagé, subjectif, il n’a jamais prétendu à l’objectivité mais il incarnait comme personne l’honnêteté intellectuelle, le courage et le talent, les trois à la fois » a réagi le journaliste Bernard Guetta, prix Albert Londres 1981, proche de la famille. 

D’un père austro-hongrois et d’une mère britannique, fille de la rédactrice en chef du magazine Vogue à Londres, il s’était marié en 1948 avec Anne-Marie Nizan, fille de l’écrivain Paul Nizan. Le couple aura deux enfants : l’historien et essayiste Emmanuel Todd (auteur en 2015 du polémique Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse), et la romancière Camille Todd. Deux autres enfants (Samuel, traducteur, et Aurélia, psychologue) sont nés de deux autres relations.

Anticolonialiste, adhérent du PSU (parti de gauche alternative au PS fondé en 1960), il débuta dans le journalisme par des piges pour le supplément littéraire du Times. En mai 1981, le propriétaire de L’Express lui reprochera une Une trop favorable à la gauche - elle représentait les portraits de Mitterrand et de Giscard - et il sera licencié. En signe de solidarité, 14 journalistes démissionneront, dont Jean-François Revel, directeur de la rédaction.

Catherine Chaillet, décédée le 23 décembre. 91 ans 

En 1975, elle créa le premier logo de TF1. Styliste-designer (Beaux-Arts de Paris) elle débuta dans le prêt à porter, pour Hermès. En 1971, elle réalise les premières séquences animées de la 3e chaîne couleur de l’ORTF qui remplaceront les speakerines, puis elle conçoit jusqu’en 1981 la nouvelle charte graphique de TF1. En 1977, elle signa les Tifins, l’animation diffusée avant les journaux télévisés, mais aussi les génériques de Réponse à tout, Midi Première, 30 Millions d’amis, Auto-Moto. Elle dessina également les logos de Chérie FM en 1987 et de Vivendi en 1998

Maïté, décédée le 20 décembre. 86 ans 

De son vrai nom Marie-Thérèse Ordonez, la cuisinière préférée des Français a marqué l’histoire de la télé en animant l’émission La Cuisine des Mousquetaires pendant près de vingt ans (aux côtés de Micheline Banzet, disparue en 2020). D’abord sur FR3 Aquitaine, puis au niveau national sur France 3 (1983-1997). Puis, ce sera À table (1997-1999). Sur Sud-Radio (1997-1998) ce seront Les Recettes de Maïté. Ce succès médiatique l’incitera à ouvrir un restaurant en 1988, à Rion-des-Landes, sa ville natale. Un second établissement ouvert en 2000 sera mis en liquidation en 2015. Pour raisons de santé, Maïté n’était plus aux fourneaux depuis 2010. Publicité, cinéma, doublage, livres de cuisine à fort tirage, cette figure de la gastronomie landaise incarnait la culture populaire des terroirs, vantant les mérites de la graisse de canard et de l’armagnac. 

Repérée par un réalisateur de la télé alors qu’elle était la cantinière de l’équipe de rugby de Rion-des-Landes, Maïté deviendra célèbre à 45 ans après avoir fait partie des équipes de chantier de la SNCF pendant 22 ans.

Marie-Claude Aristégui, décédée le 18 décembre. 72 ans 

Journaliste, elle exerça plus de 24 ans au journal Sud Ouest. Originaire de Bordeaux, elle a vécu à Toulouse où elle débuta comme pigiste pour Midi Libre, Libération et Sud Ouest qui l’engagea en 1990 à l’agence de Périgueux. Nommée cheffe de rédaction à Pau, puis grande reporter elle rejoindra le siège de Bordeaux. En 2007, à l’agence de Rochefort, puis à La Rochelle en 2010, elle restera en Charente-Maritime à l’heure de la retraite en 2018, s’installant à Châtelaillon. Après avoir observé de près le monde politique régional d’Alain Juppé, François Bayrou à Ségolène Royal, elle se consacra à partir de 2019 à l’écriture de romans policiers (Meurtre en Béarn, Scénario noir en Gironde, La Rochelle belle et mortelle, Le prix du passé sur l’Île de Ré). 

Marcel Marnat, décédé le 17 décembre. 91 ans

Musicologue, producteur de radio, conférencier, spécialiste des arts premiers, ce lyonnais à collaboré à Combat, Jazz Hot, L’Express, Harmonie, Le Monde de la musique, Diapason, La Nouvelle Revue Française, Les Lettres françaises. De 1978 à 1992 il sera responsable de la programmation de France Musique. Il a également consacré plusieurs ouvrages aux compositeurs Moussorgski, Maurice Ravel, Haydn, Stravinsky, Vivaldi, Beethoven, Puccini, et aux peintres Paul Klee et Michel Ange.

Audrey Misiraca, décédée le 15 décembre. 37 ans 


Cadre technique et réalisatrice dans le groupe Canal +, la jeune femme était en soins palliatifs à l'Institut Jeanne Garnier, spécialisé dans l’accueil des personnes en fin de vie. Compagne d'un directeur photo, maman de deux enfants de 7 et 11 ans, elle est passée par M6, la chaîne L'Équipe, et travaillait depuis plus de 13 ans au sein du groupe Canal. 


Robert Cohen-Solal, décédé le 14 décembre. 81 ans

Natif d’Alger, compositeur électroacousticien, il participa au Groupe de recherches musicales du service de la Recherche de la Radio Télévision Française entre 1964 et 1973. Il est notamment l’auteur de la musique des Shadoks, célèbre série d’animation de la 1re chaîne entre 1968 et 1974. Il continuera de composer pour l’audiovisuel, la danse contemporaine et le théâtre. Il vivait en Bourgogne depuis plus de cinquante ans.

François Coudert, décédé le 9 décembre. 62 ans 


Brusquement décédé dans la nuit, le rédacteur en chef adjoint de France 3 Saint-Etienne était père de neuf enfants. Décrit par ses collègues comme un défenseur intraitable de son territoire », il était journaliste à France 3 depuis 1990. D’abord reporter d’images, il passa par les rédactions de Strasbourg en 1995 puis Clermont-Ferrand avant de rejoindre Saint-Etienne en 2002 comme grand reporter. Dans l’encadrement de France 3 Auvergne de 2017 à 2023, il avait été promu à la rédaction en chef de Saint-Etienne en septembre 2023. Passionné d’art, il avait fait les Beaux-Arts de Saint-Etienne. 


Paul Fabra, décédé le 4 décembre. 96 ans 


Journaliste et éditorialiste économique, au Monde pendant 32 ans, puis aux Échos à partir de 1993 pendant 19 ans, il avait débuté à l’hebdomadaire Entreprise puis à La Vie française avant de rejoindre le « journal du soir », rue des Italiens, en 1961. Promu responsable du Monde de l’économie en 1967, il exerça cette fonction jusqu’en 1985. 


Jacques Barsamian, décédé le 1er décembre. 81 ans 


Journaliste musical, mais aussi chanteur et écrivain, il débuta à Disco Revue en 1962 avant de participer à la création du mensuel Rock & Folk en 1966 et de l’hebdo Pop Music. Il collabora également à Rock ’N’ Roll Musique et Jukebox magazine. On retrouve sa signature pour des interviews avec les plus grandes stars du rock français et anglo-saxon. Avec François Jouffa, il cosigna une vingtaine d’ouvrages sur la culture rock dont des biographies des Rolling Stones et de Johnny Hallyday. Il a également été animateur de nombreuses émissions de radio sur Europe 1, France Inter, RMC, Europe2, O’FM et Fréquence Paris Plurielle


Gilbert d’Alto, décédé le 26 novembre. 70 ans 


Figure passionné de la scène musicale de Nice et de toute la Côte d’Azur, le journaliste originaire de Cannes a couvert pendant plusieurs décennies les festivals de Nice et de Juan-les-Pins. Plume majeure du Jazzophone, de La Strada, et sur Agora Côte d’Azur, il était un ardent défenseur de la scène locale. Après des études de lettres, il avait rejoint la presse culturelle régionale, d’abord en tant que chroniqueur avant de s’imposer dans des publications nationales. 


NOVEMBRE 2024


Marine Vlahovic, découverte sans vie le 25 novembre à Marseille. 39 ans 


Ancienne correspondante-pigiste de RFI à Ramallah (ville-siège de l’Autorité palestinienne) entre 2016 et 2019, spécialiste du Proche-Orient, diplômée du CFJ (2010), elle collaborait aussi pour Radio France, Le Soir en Belgique, la RTS, France Culture, Libération, le National Geographic, Mediapart. Devenue documentariste pour Arte Radio elle vivait à Marseille où elle a été retrouvée sur le toit-terrasse de son immeuble. Ce sont ses amis, inquiets de son silence, qui l'ont retrouvée. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de son décès qui pourrait avoir eu lieu plusieurs jours avant cette découverte.

Ses consoeurs et confrères saluent une « journaliste engagée, d’une grande sensibilité » qui savait « admirablement trouver les petites histoires pour raconter la grande ». Un hommage publié dans Le Club de Mediapart rappelle qu’après le 7-Octobre 2023, elle était partie en Egypte pour « à la fois couvrir l’anéantissement de Gaza et tenter d’aider les nombreux ami.es qu’elle comptait dans la bande palestinienne ». Son expérience racontée dans Carnets de Correspondante a obtenu le prix SCAM au Paris Podcast Festival 2021. En 2015, elle compta parmi les premières journalistes bénévoles de La Chance Toulouse.


Hervé Bride, décédé le 22 novembre. 76 ans 


Commentateur des multiplex d’Europe 1, il fêta en 2008 son millième match de football sur les ondes de la station. 

Natif de Grenoble, éducateur de rugby, il deviendra en 1991 le correspondant sportif pour le Grand-Est après avoir collaboré à L’Alsace, aux DNA (1965-1985), et au Midi Olympique (1964-1973). Directeur de la rédaction de Sports Alsace de 1997 à 2000, il a également fondé Radio 100 à Colmar en 1983 et collabora aussi à RMC et Sud Radio entre 1986 et 1990. 

Installé dans les Côtes-d’Armor depuis 2011, il a été correspondant sportif du Télégramme pendant près de 12 ans, et président du festival d’art vocal en Trégor. 

Tout au long de sa carrière il commenta plus de 2500 matches de football ou de rugby. Depuis 2013, il était syndic de presse de l’Union des Journalistes de Sport en France (UJSF).

À quelques semaines de son 77e anniversaire, il est décédé à Brest après une intervention chirurgicale suite à une fracture de l’épaule. 


William Pinville, décédé le 19 novembre


Comédien de doublage, il était « la voix off » du jeu Questions pour un champion pendant près de 25 ans sur France 3 à partir de 1992. Il avait quitté l’émission en 2016 lors du remplacement de Julien Lepers par Samuel Etienne. Animateur radio, il est passé par Pacific FM, Rire et chansons et Radio Latina où il a été directeur d’antenne.


Bernadette Després, décédée le 19 novembre. 89 ans 


Dessinatrice et autrice de la série des « Tom-Tom et Nana », série culte des éditions Bayard, elle a accompagné plusieurs générations du magazine J’aime lire. Phénomène de la littérature jeunesse, près de 16 millions d’albums de la BD ont été vendus jusqu’en 2009 et une série télé a même vu le jour. Tout commença en 1976 lorsque Bayard demanda à l’illustratrice et à sa complice Jacqueline Cohen de créer une BD mensuelle. Elle dessina aussi la série Lulu parue dans le bimensuel Astrapi. Elle remporta le Fauve d’honneur du Festival international de la BD d’Angoulême en 2019 pour l’ensemble de son œuvre.


René Marchand, décédé le 13 novembre. 89 ans 


Ancien rédacteur en chef de France Inter (1968-1969), diplômé de l’École des langues orientales, licencié de langue et littératures arabes, il était un spécialiste de l’islam.

Sa carrière débuta à l’ORTF en 1959 : directeur de la station de Djibouti et correspondant de l’AFP. De 1969 à 1972, rédacteur en chef de la 2e chaîne et chef des informations générales, il lui arriva de présenter le JT. Avec Jacqueline Baudrier (1922-2009), il produisait le magazine mensuel Le Troisième Oeil. Responsable de la fiction sur la 1re chaîne (1972-1975), il deviendra conseiller à la présidence de Radio France (1975-1983) puis sera chargé du développement et de la prospective. À ce titre il est à l’origine de la création des premières radios locales de service public (Fréquence Nord, Radio Mayenne, Radio Melun), et du développement du réseau par l’intégration des services radios de FR3

En 1983, il créa le Studio-Ecole de France, premier établissement d’enseignement privé consacré aux métiers de l’audiovisuel. Critique de l’islam il publia plusieurs ouvrages : en 2002, La France en danger d'islam. Entre jihâd et Reconquista, et en 2006, Mahomet - Contre-enquête.


Frantisek Zvardon, décédé le 13 novembre. 75 ans 


Franco-tchèque, il avait quitté la Moravie pour s’installer à Strasbourg en 1985 comme réfugié politique. Photographe-reporter-vidéaste, globe-trotter dans 52 pays, ses reportages ont illustré plus de 300 ouvrages, dont 35 sous son nom, qui lui ont fait remporter de multiples prix. 

En septembre dernier, il écrivait en introduction de son dernier ouvrage « Au-delà de l’Alsace » : « Alors que ma vie s’échappe doucement mais inexorablement, que je ne peux plus voyager de par le monde comme j’ai tant aimé le faire, ni même quitter mon appartement depuis des mois, j’ai voulu revisiter mon travail avec une approche novatrice, combinant la photographie traditionnelle et les technologies de l’intelligence artificielle. Cette expérimentation de l’IA m’a conquis ! »


Madeleine Riffaud, décédée le 6 novembre. 100 ans 


Proche d’Eluard, Picasso et Aragon, poétesse, résistante, correspondante pour L’Humanité des guerres d’Algérie et du Vietnam, elle passa sa vie à dénoncer les injustices et se mettra à faire le tour des écoles pour témoigner. En août 2024 elle publia Les Nouilles à la tomate, troisième tome de ses mémoires de guerre en BD. Née en 1924 dans la Somme, élève sage-femme, elle devient agent de liaison avec ses compagnons des Francs-tireurs et partisans (FTP) de la faculté de médecine et prendra le nom de code "Rainer" - en hommage au poète allemand Rainer Maria Rilke - pour signifier qu'elle "n'est pas en guerre contre le peuple allemand mais contre les nazis ». Arrêtée par la Gestapo, torturée, déportée au camp de Ravensbrük, elle sera libérée le 19 août 1944 grâce à un échange de prisonniers, en pleine Libération de Paris. Elle débuta au journal communiste Ce Soir, dirigé par Aragon.



Fernand Choisel, décédé le 4 novembre. 96 ans 

Il participa au lancement d’Europe 1 en 1955, avant d’en devenir « la grande voix » du sport jusqu’au rachat de la station par Jean-Luc Lagardère en 1986. « Journaliste tout court, pas de sport » rappelait-il constamment, relève Sacha Nokovitch dans sa notice nécrologique publiée par L’Équipe. Embauché à 17 ans par le quotidien sportif, il sera licencié et deviendra pigiste au Parisien libéré en 1954. 

À la cantine de l’AFP, il apprendra qu’une nouvelle radio allait être créée… Il couvrira une trentaine de Tours de France pour la station de la rue François Ier et sera de tous les directs des barricades du Quartier Latin en Mai 1968.

Jérôme Skalski, décédé le 1er novembre. 53 ans


Une crise cardiaque a emporté l’ancien journaliste à L’Humanité (2013-2023), originaire de Lens qui collabora également à l’hebdomadaire Liberté 62

 


Maurice Bruzek, décédé le 14 octobre. 89 ans


Diplômé du CFJ, journaliste à Europe 1 (1959-1969), au service politique puis rédacteur en chef adjoint de l’émission 24 h sur la 2, coproducteur de nombreux magazines d’information à l’ORTF, ce breton passionné de la mer, a terminé sa carrière comme secrétaire général à la programmation d’Antenne 2 en 1990. 

Colonel de la réserve citoyenne de l’Armée de l’Air, il a également été président de la Fédération française de randonnée et du Conseil national des sports de nature (en 2005).


OCTOBRE 2024


Jean-Jacques Gabut, décédé le 25 octobre. 90 ans

Originaire de Châlons-sur-Saône, il débuta au Progrès et deviendra rédacteur en chef à Lyon en 1968. Directeur de la formation au Dauphiné (1980-1983) il dirigea l’agence Aigles du groupe Progrès de 1977 à 1980 et termina sa carrière à Lyon-Matin de 1983 à 1992, alors propriété du groupe Hersant. Enseignant à l’EFAP (école des attachés de presse) et pour la licence info-com de l’université Jean-Moulin, il présida les radios Happy Radio et Fun Radio.

Engagé dans plusieurs associations humanitaires en Afrique, à l’origine du festival du cinéma d’animation d’Annecy, il a compté parmi les dirigeants de la Grande Loge de France, présida le Cercle culturel Franklin de Lyon, et est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire de la franc-maçonnerie. 


Éric Yung, décédé le 20 octobre. 76 ans


Né, Jean-Bernard Vincent, dans une famille picarde d’Abbeville, cet ancien inspecteur de l’anti-gang s’était reconverti dans le journalisme à partir des années 1980 : au Quotidien de Paris puis aux Nouvelles Littéraires

En 1983, il devient producteur-délégué à France Inter puis, en 1985, chef d’édition au Matin de Paris et grand reporter à VSD. Il a produit et présenté de nombreuses émissions radiophoniques (Dossier X... en cavale, Macadam Regard, Pêcheurs d'histoires, Café Crime, Hors la loi, Fait Divers, Philanthropolar, etc.). 

Rédacteur en chef à Radio France, il a également été chroniqueur sur France Bleu Île-de-France et sur Paris Première dans l’émission Field dans ta chambre. 

Auteur prolixe d’une quinzaine de livres liés aux affaires criminelles, il signa notamment en 2019 un ouvrage référence sur Charles Manson et l'assassinat de Sharon Tate, cinquante ans après le massacre de l’épouse du cinéaste Roman Polanski.

En 2024, son dernier roman, Tantale, Métal précieux et argent sale, a été publié aux éditions La Bouinotte, à Châteauroux, non loin de son village de Châteauvieux, dans le Loir-et-Cher. 


Simon Fieschi, décédé le 17 octobre. 41 ans

(ci-contre photo AFP, G. Van der Hasselt)


Son corps sans vie a été retrouvé dans une chambre d’hôtel. Webmaster de Charlie-Hebdo, il avait été grièvement blessé dans l’attentat jihadiste du 7 janvier 2015, par une balle de kalachnikov qui toucha sa moelle épinière. Il était le premier de la rédaction sur qui les frères Kouachi ont tiré en entrant dans les locaux du journal… En 2020,  il avait confié : « Je suis en post-traumatisme et j'y resterai toute ma vie. (...) C'est un effort psychique de tous les jours, une fatigue abyssale », évoquant pêle-mêle les "tremblements" aux jambes, la "perte de motricité", les "difficultés de concentration", "les épisodes de tristesse et de colère"...

Après huit mois d’hospitalisation et de rééducation, lourdement handicapé, il avait mené un combat pour son indemnisation et la mémoire des victimes. Marié à une jeune femme australienne, le couple avait une petite fille de cinq ans.

« Simon Fieschi était un de ceux qui allaient avec nous dans les écoles parler aux élèves, soutenir les professeurs » a réagi Georges Salines, le président d’honneur de l’association 13onze15 Fraternité et Vérité, qui réunit les victimes des attentats du 13 novembre 2015.

« Simon Fieschi luttait pour surmonter l’horreur dont il avait été l’une des victimes. Il y a des cicatrices que beaucoup ne voient plus, mais qui se referment jamais » a réagi François Hollande, président de la République de l’époque des faits.


Charlie Hebdo lui a consacré un numéro spécial le mercredi 23 octobre.



Jean Kouchner, décédé le 15 octobre. 77 ans 


Journaliste radio depuis 1977, il a dirigé plusieurs radios locales et télévisions d’outre-mer (à La Réunion, Martinique, Mayotte, Nouvelle Calédonie, Guyane, Polynésie). 

Formateur dans l’âme, il a été directeur du CFPJ de  Montpellier (1993 à 1999), du CFPJ International, et intervenant à l’ESJ Lille. 

À Montpellier, il assurait les formations en alternance télévision à l’ESJ Pro, et était aussi professeur associé à l’université de 2000 à 2011, où il dirigeait le master 2 Management des médias. 

Fort de nombreuses missions en Afrique et pour la coopération internationale, il a également été secrétaire général de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UIPF). 

Entre la fin des années 1980 et 2000, alors installé dans la région grenobloise, il a travaillé pour la presse spécialisée Montagne et créé la maison d’édition Thetys.

De 1977 à 1983, il a été premier adjoint du maire communiste de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) et président de l’établissement public d’aménagement de Marne-la-Vallée.

En 2023, il avait publié le roman Soleils d’or, inspiré de l’affaire Rey-Maupin.

Depuis quelques années il luttait contre un cancer des poumons et vivait à Assas (Hérault). Il était le frère cadet de l’ancien ministre Bernard Kouchner.



Michel Bassi, décédé le 8 octobre. 89 ans


Créateur des débats télévisés présidentiels, il lança en 1970, avec Alain Duhamel, l’émission politique de la 1re chaîne « À armes égales ».

Passé par l’ESJ de Lille, embauché au Figaro en 1960 après un stage, il deviendra chef du service politique (1967-1971) puis rédacteur en chef adjoint (1971-1974).

Devenu porte-parole du président Valéry Giscard d’Estaing en 1976, il sera propulsé DG de Radio Monte-Carlo (RMC) en 1978, puis président de France-Soir magazine en 1981 et en 1986 du Méridional, quotidien marseillais.

Président de la SFP (Société française de production) en 1993, puis de Pearson TV France en 1996, il a aussi été l’éphémère directeur en 2000, pour six mois, du service information communication de la mairie de Paris, sous le mandat du RPR Jean Tiberi. 

Il quittera la sphère politique pour devenir président de Waï TV, société de production télé-web. Son dernier poste, en 2001, sera la direction des affaires publiques de Hill and Knowlton, société américaine de conseil en relations publiques.

Pendant une trentaine d’années il a aussi été éditorialiste du quotidien L’Éclair des Pyrénées (groupe Sud Ouest).



Jérôme Le Fauconnier, décédé le 4 octobre. 57 ans 


Décédé des suites de la maladie de Charcot, le journaliste de L’Équipe a travaillé jusqu’au bout. Au quotidien sportif depuis 2002, il avait intégré la rubrique football. En 2011, il bifurqua vers la chaîne L’Équipe 21 en étant JRI durant trois ans, en se formant au CFPJ. En 2016, il était revenu au quotidien dans la foulée des JO de Rio, en intégrant le groupe BHV (basket-hand-volley). Depuis trois ans, il se battait contre sa maladie.

 

Pierre Christin, décédé le 3 octobre. 86 ans


Diplômé de Sciences Po Paris, sa thèse de doctorat en littérature comparée soutenue en 1963 était consacrée au fait divers « littérature du pauvre ». En 1967, avec Robert Escarpit, il créé l’IUT de journalisme de Bordeaux qui deviendra l’IJBA en 2006. Il dirigera cette école pendant près de 20 ans, y enseigna l’écriture près de 40 ans, et formera des milliers de journalistes professionnels.

Auteur prolifique de scénarios de bande dessinée, il publia en cinquante ans de carrière une centaine d'ouvrages, multipliant les collaborations avec des dessinateurs majeurs, de Jean-Claude Mézières à André Juillard en passant par Enki Bilal, François Boucq et Jacques Tardi.

Auteur phare de la revue Pilote, il est notamment connu pour avoir créé en 1967 la série de science-fiction Valérian et Laureline avec Jean-Claude Mézières qui était un ami d’enfance. 


Milo Beccaria, décédée le 3 octobre. 90 ans

Créatrice de Pomme d'Api et de la presse jeunesse chez Bayard,  Marie-Josèphe Beccaria avait développé, dès 1966, l’idée qu’un journal pour les petits n'est pas un petit journal.

Petit Ours brun et Mimi Cracra sont devenus des incontournables, ouvrant la voie à une longue série de titres édités par le groupe : Popi, Astrapi, J'aime lire, Okapi, Phosphore, etc. Nommée directrice générale de Bayard en 1994, elle a été membre du comité consultatif en matière d'abus sexuels de la Conférence des évêques de France. Son fils, Laurent Beccaria, est le fondateur de la maison d'édition Les Arènes.


Marie Lévêque, décédée le 3 octobre. 25 ans

Correspondante locale du Journal de Saône-et-Loire en 2020 parallèlement à sa licence Info-Com, elle était revenue à la rédaction en 2022, en tant que journaliste, à l’issue de son master médias et créations numériques. À Dijon, en 2023, elle travailla pour France Bleu Bourgogne et RCF, puis Autoroute Info en 2024. Conseillère municipale en 2017, à 18 ans et demi, elle était alors la plus jeune élue de son département de Saône-et-Loire.

 

Jean-Yves Lhomeau, décédé le 2 octobre. 78 ans

Né à Nantes fin 1945, diplômé de l’ESJ de Lille en 1964, il entra au Monde en 1980. Chef du service politique dans les années Mitterrand, il rejoindra Libération en 1991, aux côtés de Pierre Georges et Jacques Amalric. Il reviendra au Monde en 1994 lorsque Jean-Marie Colombani dirigea le journal, devenant directeur adjoint de la rédaction. Il y restera jusqu’aux années 2000.


Martine Bogé. 66 ans 

Speakerine à TF1 en janvier 1976, suite à une annonce dans Télé 7 Jours, elle deviendra attachée de presse à l’unité de programmes documentaires. En 1984 elle rejoint le service des sports de TF1 sous la direction de Jean-Michel Leulliot. Fin 1988, au service de presse de L’Equipe elle rejoindra TV Breizh à Lorient. En 2007, elle quitta la France pour aller vivre en République Dominicaine. 


SEPTEMBRE 2024


Yan Morvan, décédé le 20 septembre 

des suites d’un cancer. 70 ans


Figure incontournable du photojournalisme de ces cinquante dernières années, il avait notamment couvert les guerres au Liban et Iran-Irak ainsi que le conflit nord-irlandais pour Libération, Paris-Match, le Figaro Magazine, l’agence Gamma et Sipa

Récompensé par deux World Press Photo, il était le photographe des sujets difficiles et des laissés-pour-compte. Dans sa jeunesse, après un Deug de maths il avait fait une maîtrise de cinéma à l’université de Vincennes.

En 1991, il a confonde avec Patrick Frilet la formation EMI-CFD et en 1994 il codirigea la section photojournalisme du CFJ. 

Il a été l’un des premiers à lancer un magazine photo sur internet, photographie.com et la Bourse du Talent. Pour lui, le photojournalisme, «  ce n’est pas une question d’esthétique. C’est 95 % de connaissances, 3 % de relations et 2 % de photos. Je passe trois heures tous les matins à m’informer, à lire la presse et des livres. C’est comme cela que tu trouves des sujets et que tu fais du photojournalisme. La base de la base, c’est l’intelligence, sinon tu fais des photos de mode ou de bouffe… » 

(photo :  en 2022 au Festival Visa pour l’image de Perpignan © Claude Truong-Ngoc)

 


Christian-Marie Monnot, décédé le 18 septembre 

des suites d’une longue maladie. 78 ans


Diplômé du CUEJ de Strasbourg,  il avait débuté à l’ORTF Alsace en 1972.

Rédacteur en chef de FR3 Centre (1975-1977) puis de FR3 Lorraine (1978-1980), il devient grand reporter et chef du service économique sur Antenne 2. Présentateur des journaux de Télématin (1984-1987), il est promu rédacteur en chef du JT de 20 h (1987-1988) puis chroniqueur européen, correspondant à Londres (1990-1994) et rédacteur en chef des affaires européennes (1998-1999) tout en étant secrétaire général de la rédaction de France 2. 

Nommé à Bruxelles de 2000 à 2005, il termina sa carrière comme médiateur de la rédaction entre 2005 et 2010, animant l’émission L’Hebdo du médiateur

Son inséparable noeud papillon et son regard chaleureux lui servaient de signature. En 2000, il avait été nommé à la commission du 1er degré de la carte d’identité des journalistes professionnels.

René Grando, décédé le 15 septembre. 76 ans 


Journaliste pendant près de 35 ans à L’Indépendant de Perpignan, puis grand reporter à La Dépêche du Midi où il a été chef des services faits-divers-justice. 

Il a aussi été chef des services d’information de la télévision catalane TV3 à Barcelone et présida la chaîne de télévision toulousaine TLT en 2010.

Écrivain de polars à succès, spécialiste de l’Espagne républicaine (inspiré par son père, militant socialiste), il quitta le lycée en 1967 avant de passer son bac. 

Embauché par L’Indépendant il sera d’abord vendeur-livreur pour l’édition de la Costa Brava avant de devenir journaliste, formé sur le tas. 

En 2004, il participa à l’ouvrage collectif Camps du mépris : des chemins de l’exil à ceux de la Résistance 1939-1945 consacré à l’exode d’un demi-million de réfugiés espagnols. En 2010, il signa Les démons du Midi, un polar haletant.


Joël Mettay, décédé le 14 septembre. 73 ans

Ancien journaliste de L’Indépendant, il révéla en 1997, que des archives du camp de Rivesaltes avaient été envoyées à la déchetterie de Perpignan. Fondateur des éditions Alter Ego, il était président des Amis du musée de Céret. 


Didier Roustan, décédé le 11 septembre. 

66 ans


Figure du journalisme sportif, spécialisé dans le football, il a été un pilier de l’émission Téléfoot sur TF1 dès 1976 où il débuta à 18 ans après un stage de trois mois. De 1986 à 1989 Il dirigera ce rendez-vous du dimanche matin, créé par Pierre Cangioni. 

Après la privatisation de TF1 à la fin des années 80, il rejoint Canal+ où il présenta des magazines, puis Antenne 2 en 1992 où il commentera notamment l’Euro 92 et le Mondial 94 avec Éric Cantona. De 1992 à 1995 il présenta Stade 2 sur France 2 et anima Terre de foot, un magazine mensuel de 52 mn.

Depuis 1999, il était une figure de L’Équipe TV devenue la Chaîne L’Équipe participant tour à tour à L’Équipe du soir, L’Équipe du week-end, Foot and co, Enfin du foot, émission de débat avec Pierre Ménès et Karim Nedjari. 


Il travailla également pour TV5 Monde et exerça aussi sur Europe 1 (2008-2009) et dans Y a pas péno (2017-2018). Il collabora aussi à OMtv pour les matchs de l’Olympique de Marseille (2009-2010) et sur RTL (2018-2019) où il remplaça Pascal Praud.

Depuis 2014 et jusqu’à juin dernier, il tiendra un blog vidéo sur l’équipe.fr. 

Sa dernière participation télévisuelle à L’Équipe remonte au 22 juin dernier. 

Né à Brazzaville (Congo) où son père était employé par le FMI, sa mère, d’origine martiniquaise, était journaliste et travailla pour FR3 et l’AFP. Il grandira à Cannes où il pratiqua le football à l’AS Cannes.

En 2003, avec l’ancien footballeur professionnel Arsène Wenger, il fonda l’association Foot Citoyen pour lutter contre la violence et le racisme dans le football.

« C’était un homme libre. Il avait un style et une liberté de ton bien identifiés » a déclaré à Franceinfo sport Dominique Le Glou, ancien rédacteur en chef de Stade 2. 


Robert Marx, dit Robert Marcy, décédé le 8 septembre. 104 ans


Acteur formé par Charles Dullin et Louis Jouvet, il devra interrompre sa carrière en raison des mesures antisémites fin 1942. Auteur de chansons (paroles et musiques), La Queue du chat (1947) - pour les Frères Jacques - compte parmi ses plus grands succès. 

À la radio, il participa comme comédien à de nombreuses émissions de variétés littéraires et musicales avec son épouse Denise Bosc et ils fondèrent la compagnie théâtrale du Groupe artistique de Paris (GAP). En janvier 1955, il participa au lancement d’Europe 1 en tant qu’animateur de l’émission Salvadorissimo aux côtés du chanteur Henri Salvador et Jean-Loup Dabadie. 

Jusqu’en 1970, il présenta le programme du Musicorama, récital hebdomadaire donné à L’Olympia. Il joua aussi dans des séries policières comme Maigret ou Commissaire Moulin et prêta sa voix au doublage de nombreux films étrangers.

 

Laurent Tirard, décédé le 5 septembre des suites d’un cancer. 57 ans


Réalisateur, scénariste, il débuta à 25 ans comme journaliste à Studio Magazine avant de se lancer dans la réalisation en 1999. Marc Esposito, fondateur du magazine, réalisateur et ancien journaliste, garde de lui le souvenir « d’un journaliste consciencieux et rigoureux » qui « rendait toujours ses papiers à l’heure, toujours nickel. Il est vite devenu un pilier de la rédaction ».

Pendant sept ans il interviewa Woody Allen, David Lynch, Martin Scorsese, Jean-Luc Godard, les frères Coen etc. dans une série de Leçons de cinéma qui donnèrent lieu à une publication en 2004 et 2006.

En tant que cinéaste ses plus grands succès auront été l’adaptation du Petit Nicolas de Goscinny et Sempé, et sa suite, les Vacances du petit Nicolas en 2014.


JUILLET-AOÛT 2024


Émile Breton, décédé le 24 août. 95 ans

Journaliste originaire d’Alès, il débuta en 1947 à La Voix de la Patrie (journal montpelliérain clandestin issu de la Résistance) et participa à toutes les rubriques de La Marseillaise à partir de 1953 où il publia ses premières critiques de films à partir de 1960. À Paris, il sera rédacteur en chef adjoint de La Nouvelle Critique, de 1974 jusqu’à la disparition de cette revue du PCF en 1980, puis écrira dans Révolution aux côtés de sa compagne Luce Vigo, fille du réalisateur Jean Vigo. À partir de 2000, il deviendra critique de cinéma au quotidien L’Humanité jusqu’en 2022.


Gérard Schirmann, décédé le 18 août. 88 ans

Pendant plus de 30 ans il aura été la voix des courses hippiques sur Radio France.

Une embolie pulmonaire a eu raison de celui qui anima Inter Service Courses à partir de 1967 sur France Inter, puis Inter Tiercé avant de passer sur France Info en 1998. Il avait pris sa retraite fin 2000. Sa voix grave faisait autorité chez les parieurs et pronostiqueurs. Alsacien, il avait débuté dans la vie professionnelle comme éducateur à la maison des jeunes de Megève.


Fabrice Coat, décédé le 16 août au Cap-Ferret (Gironde) suite à un accident de planche à voile. 66 ans

Producteur de cinéma et de télévision, il était spécialisé dans les clips et documentaires musicaux. Sa société Program33 a produit l’émission Tracks sur Arte, référence culturelle de référence entre 1997 et 2022. 


Alain de Sédouy, décédé le 15 août à Marseille. 94 ans

Journaliste, réalisateur, scénariste, producteur, il débuta à
Paris-Presse dans les années cinquante avant d’entrer à l’ORTF en 1963. Avec André Harris il produira le magazine Zoom de 1963 à 1968. Licenciés après les « Evénements » de Mai 68 pour avoir accordé trop de place à la révolte étudiante, ils produiront en 1969 le documentaire Le Chagrin et la Pitié du réalisateur Marcel Ophüls. Consacré à la période de la Collaboration,  il sera refusé par la télé publique et sera finalement diffusé dans les salles de cinéma. Toujours avec André Harris, il est l’auteur de La France et les Juifs qui traite dès 1979 de la renaissance de l’antisémitisme. Alain de Sédouy compte parmi les créateurs de la chaîne Canal + en 1984.

 

Patrice Laffont, décédé le 7 août à Oppède (Vaucluse). 84 ans

Animateur et producteur de nombreux jeux télévisés, notamment Des chiffres et des lettres durant 17 ans, de 1972 à 1989, de Fort Boyard de 1990 à 1999, et de Pyramides de 1991 à 2003, il a succombé à un accident cardiaque deux semaines avant de fêter ses 85 ans le 21 août. Né à Marseille, fils de l’éditeur Robert Laffont, frère de l’éditrice Anne Carrière, et père de la comédienne Axelle Laffont, commenta à plusieurs reprises le concours de l’Eurovision de la chanson. Il était apprécié pour son humour flegmatique et co-anima Intervilles et le Téléthon.


Marcel Desvergne, décédé le 31 juillet à Saint-Jean-d’Illac (Gironde). 83 ans

Président des associations des lecteurs de Sud Ouest et du Monde, ancien instituteur, cette figure girondine était le fondateur de l’Université d’été de la Communication en 1980 qui s’est tenue à Lacanau, puis Hourtin et Carcans.  


Jean Rony dit Picar, décédé le 28 juillet à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). 94 ans

Ancien militant socialiste jusqu’en 1947, syndicaliste à l’UNEF dans les années 50 à Grenoble, puis militant communiste, agrégé de lettres en 1963, il a été conseiller municipal de Levallois-Perret (92). 

Spécialiste de l’Espagne il a été assistant à la faculté des lettres de Tours en 1967 puis à Nanterre de 1969 à 1995. Journaliste, il collabora à l’ancien quotidien Libération, La Nouvelle Critique (revue des intellectuels du PCF), Maintenant et au Monde diplomatique dans les années 80. Il a également été membre du comité de rédaction en 1974 de l’hebdo du PCF France nouvelle, parti qu’il quitta à la fin des années 80 pour rejoindre le PS. À la fin de 1980, il compta parmi les communistes dissidents. 


Alain Fernbach, décédé le 21 juillet à Levallois-Perret (92). 86 ans

Président (1975-1983) puis président d’honneur de la Presse présidentielle, diplômé de l’ESJ, de l'Ecole des hautes études sociales (EHES) et de l'Institut des hautes études internationales (IHEI), il débuta à Europe 1 en 1959 et effectua l’essentiel de sa carrière à l’ORTF : France Inter, le bureau régional de Bordeaux Aquitaine, Antenne 2 comme présentateur du JT (1969-72) puis chef du service politique, rédacteur en chef à TF1 (1975-83), à la Lettre du Sénat, au Figaro, à la Cinq (1987-91). 

Originaire de Nancy, il a été l’époux de la journaliste Jacqueline Chabridon jusqu’en 1996. (photo ci-contre, Alain Fernbach en 1980) 


Nonce Paolini, décédé le 17 juillet à Paris. 75 ans

Après 15 ans chez EDF-GDF, il entrait dans le groupe de BTP en 1988 comme DRH. À TF1 en 1993, il sera écarté quelques mois plus tard, l’un de ses adjoints ayant osé évoquer l’âge des dirigeants de la Une. Etienne Mougeotte, vice-président du groupe, obtiendra sa tête… 

En 2002, il rejoint Bouygues Telecom au poste de DG adjoint. 

À 58 ans, en 2007, il revient comme DG du groupe TF1, en remplacement de Patrick Le Lay, nommé président du conseil d’administration qui démissionnera à l’été 2008.

Paolini lui succède et prend la décision d’écarter Patrick Poivre d’Arvor, présentateur du 20 h depuis vingt ans, accusé de violences sexuelles et de viols. 

En 2015, il évince également Claire Chazal, qui présenta les journaux du week-end durant 24 ans.

À la tête de la première chaîne privée d’Europe, il assura le passage au numérique, privilégiant « l’accès prime time », le développement du replay et de l’info.

Laissant la place de PDG à Gilles Pélisson en 2016, il s’était retiré en Provence, en restant très proche de la famille Bouygues.



Benoît Duteurtre, décédé le 16 juillet à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). 64 ans

Son émission Etonnez-moi Benoît, sur France Musique devait  célébrer cette année son 25e anniversaire. Une crise cardiaque a emporté le journaliste pendant ses vacances dans les Vosges. 

Né près du Havre, il effectua des études de musicologie à l’université de Rouen. Ce passionné de musique, critique musical, producteur, essayiste et romancier, était l’arrière-petit-fils du président de la République René Coty. Avec Marcel Landowski il a fondé l’association Musique nouvelle en liberté qui soutenait les jeunes compositeurs. Auteur d’une Histoire de l’opérette en France, de documentaires pour la télévision consacrés à la musique, il avait obtenu en 2001 le Prix Médicis pour Le voyage en France. Il écrivait régulièrement dans Marianne, le Figaro Littéraire, et L’Atelier du Roman, mais aussi Playboy et La Vie catholique. Sur France 2, il présentait le Concert du nouvel An à Vienne. Il était membre du comité de lecture chez Denoël. En février dernier, il avait publié son 23e roman, Le Grand rafraîchissement (Gallimard).


Tony Delsham, décédé le 16 juillet à Schoelcher (Martinique). 78 ans

Écrivain martiniquais, il lança Martinique Hebdo en 1972 qui fusionnera en 1975 avec Le Naïf jusqu’en 1982. En 1990 il devient rédacteur en chef de l’hebdo Antilla. Il dirigeait également les éditions MGG (Martinique Guadeloupe Guyane). 



Jean-René Huleu, décédé le 15 juillet à Montauban. 87 ans

En 1973, à 36 ans, il participa à la création du quotidien Libération en préconisant l’utilisation de la photocomposition et de l’offset. Il sera le premier responsable de la fabrication jusqu’à son départ en 1975, refusant de voir le journal devenir « comme les autres ». Après avoir été apprenti horloger, il débuta dans le journalisme au Patriote de Nice comme secrétaire de rédaction. Après avoir quitté ce quotidien contrôlé par le PCF, il rejoindra Week-end, titre phare de la presse hippique.  Avec sa compagne Marie-Odile Delacour, elle-même journaliste à Libération et productrice à France Culture, il publia plusieurs livres consacrés au soufisme, à l’Algérie, à la révolution bio. Il collabora aussi aux Cahier du cinéma et à Geo.


Jacques Renucci, décédé le 14 juillet à Bastelica (Corse). 74 ans

Professeur de lettres classiques, poète passionné de cinéma, né à Casablanca dans une famille corse, il débuta comme critique littéraire à Nice-Matin. Chef d’agence de Corse-Matin à Sartène (1990-1992), puis localier, éditorialiste politique à l’agence d’Ajaccio, il deviendra rédacteur en chef du magazine Intelligenza. Il couvrira les procès du commando Erignac, d’Yvan Colonna et du préfet Bernard Bonnet. En 2009, il dirige La Corse Votre hebdo et sera licencié après le rachat du journal par Bernard Tapie.


Jean-Pierre Sergent, décédé le 14 juillet. 83 ans

À 20 ans, il appartient au réseau Jeanson d’aide au FLN. Militant, il coréalise en 1962, avec Marceline Loridan le documentaire Algérie, année zéro. En 1965, Rio Chiquito, consacré aux rebelles colombiens. En 1981, il devient le premier rédacteur en chef du magazine Ça m’intéresse.


Louis Bozon, décédé le 11 juillet à Paris. 90 ans 

Entré à la RTF en 1957, comédien formé au centre d’art dramatique de la rue Blanche à Paris, il anima de 

nombreuses émissions de jeu sur France Inter, notamment le Jeu des mille francs devenu Jeu des mille euros, de 1995 à 2008. Cette émission populaire existe depuis 1958. Elle a été animée aussi par Henri Kubrick, Albert Raisner, Maurice Gardett, Roger Lanzac, Pierre Le Rouzic, Lucien Jeunesse (de 1965 à 1995), et Nicolas Stoufflet (depuis 2008).

Il est l’auteur de Marlène : la Femme de ma vie (Lafon 1992) consacré à Marlene Dietrich. 


Jean-Pierre Descombes décédé le 30 juin à Argent-sur-Sauldre (Cher). 76 ans

De 1976 à 1987, sur FR3, il a animé l’émission populaire Les Jeux de 20 heures. Il a aussi été la voix off du Juste Prix et d’Une famille en or sur TF1 dans les années 1980-90. À partir de 2018 il a participé aux émissions TPMP et La grosse rigolade sur C8. Plus rare à la télévision au début des années 2000, il animait salons et galas et en 2012-2013 Âge tendre, la tournée des idoles Il était atteint de la maladie de Parkinson depuis plus d’une dizaine d’années.


Bernard Gely décédé le 25 juin.

Journaliste musical sur TF1 de 1979 à 2004. 


JUIN 2024


Christophe Deloire


Décédé le 8 juin. 53 ans

Secrétaire général de Reporters sans frontières depuis 2012infatigable défenseur des droits des journalistes, il est décédé d’un cancer fulgurant des suites d’une tumeur au cerveau dépistée tardivement. Depuis 2019 il présidait le Forum sur l’information et la démocratie et assurait depuis presque un an la direction du comité de pilotage des États généraux de l’information qui doivent se tenir fin juin.

Diplômé de l’ESSEC en 1994, il débuta dans le journalisme pendant son service national comme coopérant au bureau de TF1 à Berlin, puis de 1996 à 1998 comme pigiste pour Arte et LCI avant d’intégrer les services société puis politique au Point. Un premier livre sera consacré à une contre-enquête pour la révision du procès de Omar Raddad. 

Dans son dernier ouvrage, paru en 2022, La Matrice, il dénonçait les dérives des plateformes numériques et des réseaux sociaux.

Directeur du CFJ de 2008 à 2012, il succéda à Jean-François Julliard au secrétariat général de RSF, organisation non gouvernementale internationale de promotion de la liberté, de l'indépendance et du pluralisme du journalisme.

Sous sa direction, RSF a ouvert de nombreux bureaux à l’étranger : à Rio de Janeiro en 2015, Londres en 2016, Taipei en 2017, Dakar en 2019. Désormais, RSF dispose de 13 bureaux dans le monde et de représentants dans 130 pays.

En 2021, sous sa direction, RSF a produit le documentaire Le Système B qui dénonce les pratiques du groupe Bolloré. 

Pour Pierre Haski, président de RSF, « Christophe Deloire avait mis toute son énergie à la défense de la liberté d’informer à un moment de grand péril ». Thibaut Bruttin, son adjoint, lui a rendu hommage dans Ouest-France : « Tous les jours, il a fait ce qu’il a pu et plus encore pour venir au secours des journalistes, mais aussi pour favoriser l’indépendance, le pluralisme, l’honnêteté de l’information ».


Michel Guégan, décédé le 24 juin. 75 ans.

Journaliste automobile, il a collaboré à L’Automobile Magazine dans les années 70 puis créa Option Auto en 1984. 


François Janin, décédé le 18 juin. 88 ans

Journaliste sportif, passé par Le Monde et Europe 1, il a également travaillé pour Stade 2 après avoir couvert les JO de Montréal en 1976. Il a ensuite dirigé le service des sports de TF1 au début des années 1980 et a créé l’émission « Sport Dimanche Soir ». Commentateur de la Formule 1 et de la natation, il avait débuté sa carrière à l’ORTF au début des années 1960 aux côtés de Raymond Marcillac, Robert Chapatte et Roger Couderc.


   

Gregory Bustori, décédé le 12 juin. 40 ans

Victime d’un arrêt cardiaque en gare de Cannes, sa disparition brutale a plongé les rédactions de France 3 Côte d’Azur et de France Bleu Azur dans la stupeur. Il participa activement à la mise en oeuvre des matinales filmées et exerçait depuis trois ans au service web de la chaîne publique, ainsi qu’aux matinales de France Bleu Azur


Georges Lazarre, décédé le 1er juin. 59 ans

Journaliste réunionnais, écrivain et poète, amoureux de La Réunion, il venait de publier un Éloge du manger kréol. Il a exercé plusieurs années au Journal de l’île de la Réunion, puis au service communication du Département.


MAI 2024


Bernard Pivot, point final… 


6 mai. À 89 ans, au lendemain de son anniversaire, Bernard Pivot s’en est allé. (photo AFP Pierre-Philippe Marcou)
Le « premier libraire de France », surnommé « Le Roi Lire », a été enterré dans le caveau familial de Quincié-en-Beaujolais (Rhône), petit village de vignerons qui berça son enfance pendant la Seconde guerre mondiale.

Figure de la télé des années soixante-dix jusqu’en 2008, ses émissions littéraires resteront une référence :

Apostrophes, chaque vendredi soir à 21 h 30, sur Antenne 2, de janvier 1975 au 22 juin 1990, donnait rendez-vous durant 75 minutes aux plus grands écrivains et à près de trois millions de téléspectateurs. 

Plus qu’un magazine littéraire, il considérait son émission comme un « magazine d’idées » invitant les politiques, les cinéastes Jean-Luc Godard, François Truffaut ou Roman Polanski, des compositeurs-interprètes comme Brassens, Gainsbourg, Guy Béart, Pierre Perret ou Renaud. 

De 1991 à 2001, il anima avec le même talent Bouillon de culture, sur France 2, à 22 h 40 et  plus d’un million de téléspectateurs malgré l’horaire tardif. 

Une émission encore plus ouverte aux artistes, au cinéma, au théâtre. Son premier invité fut Gérard Depardieu. Deux 7 d’or de la meilleure émission culturelle, viendront le récompenser en 1995 et 2001.

La « sauce Pivot » savait réactiver les neurones de téléspectateurs pas forcément accros à la littérature, avec des effets quasi immédiats sur les ventes de livres. Un influenceur avant l’heure !

En 1990, lorsqu’il recevra Gabriel Matzneff, aujourd’hui accusé de viols sur mineurs, qui clamait son attrait pour « les moins de seize ans », Pivot le décrira comme un « véritable professeur d’éducation sexuelle, spécialisé dans les lycéennes ».

En 2019, à la sortie du livre de Vanessa Springora, qui racontait son calvaire de l’emprise de l’écrivain, Pivot exprimera ses regrets, « n’ayant pas eu les mots qu’il fallait ». Pour lui, dans les années 70-80, « la littérature passait avant la morale ; aujourd’hui, la morale passe avant la littérature ».

Personnage quasi rabelaisien, ce fils d’épiciers lyonnais savait user de sa verve pour partager ses passions culturelles jusqu’au vin et au foot On lui doit un savoureux Dictionnaire amoureux du vin, publié en 2006 et réédité en 2013, et un hommage à l’AS Saint-Etienne avec  Le Football en vert sorti en 1980.

Défenseur de la langue, il restera le créateur des Championnats de France d’orthographe devenus Les Dicos d’or, au succès renforcé par la Dictée de Pivot jusqu’en novembre 2005 sur France 3. 

Son ami Jérôme Garcin, confrère du Masque et la Plume sur France Inter, lui rendant hommage dans Le Nouvel Obs, écrit : « Même quand il savait, il feignait de ne pas savoir. Il se forçait à la candeur. Jamais il ne se haussait du col ni ne volait la lumière aux vedettes d’un soir. S’il incarnait si bien la TNP, la télévision nationale populaire, c’est qu’il voulait, à la manière de Jean Vilar au théâtre, offrir les plus belles choses au plus grand nombre et permettre d’abord à celles et ceux qui n’ont pas eu la chance d’être élevés dans la culture, et que la littérature intimidait, d’y accéder enfin ».

Monique, son épouse a dirigé le guide gastronomique Gault et Millau et la rédaction d’Intimités et de Nous deux. Une de ses deux filles, Cécile Pivot, a été rédactrice en chef du magazine Maison française de 2003 à 2015 et depuis 2022 cheffe de rubrique livres de Femme Actuelle après avoir écrit trois romans. 


Né à Lyon, à la Croix-Rousse, le 5 mai 1935, major du Centre de Formation des Journalistes (CFJ, 1957), Bernard Pivot débuta au Progrès à Lyon. En 1958, il entre au Figaro littéraire puis devient chef de service au Figaro. 

En 1974, il quitte le quotidien alors dirigé par Jean d’Ormesson et participe au lancement du magazine Lire.

Chroniqueur au Point et au JDD dans les années soixante-dix, il collabora également à Europe 1 et RTL. En 1973, il produit et anime Ouvrez les guillemets, une émission littéraire sur la 1re chaîne, un an avant l’éclatement de l’ORTF, puis rejoint la 2e chaîne pour lancer Apostrophes.

Jury du prix Interallié, élu à l’académie Goncourt en 2004 il en deviendra président en 2014 jusqu’à la fin 2019 où, déjà touché par la maladie, il déclara : « Après avoir passé mes journées à lire, j’ai envie de faire autre chose, de voyager, de voir les miens ». Hospitalisé en 2022, il se retirera de la vie publique.

En 1992, dans Libération, Bernard Pivot justifiait son refus de la Légion d’honneur : « C’est une prime à la notoriété et je n’ai pas envie de me retrouver avec mon petit ruban rouge devant des gens que j’admire et dont je sais qu’ils le mériteraient beaucoup plus que moi. Et seconde raison, j’ai toujours pensé qu’un journaliste en activité ne doit pas l’accepter. Il se trouve que la gauche me l’a offerte, puis la droite, puis la gauche, et il me semble que si je l’acceptais je serais un petit peu moins libre ».

Sur Twitter, en 2019, il réaffirmait son opposition estimant préférer « le vin d’honneur » à la Légion d’honneur…

Adepte du réseau social depuis 2011 jusqu’à début 2023, il considérait dans une interview au Figaro en 2017 qu’un tweet oblige « à aller à l’essentiel, sans fioritures », 140 ou 280 signes n’étant pour lui absolument pas un obstacle à la pensée.  


Claude Torracinta, 89 ans

Né au Havre, il a été un pilier de la TSR en Suisse romande à partir de 1963  et correspondant de la Tribune de Genève à Paris. 


Yannick Gohier, décédé le 17 mai. 66 ans

Pendant plus de 30 ans, il a exercé dans l’hebdo Le Haut Anjou du groupe Edit Ouest

À la retraite depuis 2022, ce localier a été en poste à Segré (Maine-et-Loire) puis à Château-Gontier (Mayenne).


Dominique Camus, décédé le 11 mai. 80 ans

Journaliste fait-diversier, il était entré à Nord-Éclair en 1965 avant de rejoindre La Voix du Nord en 1993. Retraité depuis 2005, il avait la passion des montgolfières et a formé des centaines d’aérostiers en France et à l’étranger.


Christian Dautriat, décédé le 8 mai. 77 ans

À Vaucluse Matin et au Dauphiné Libéré à partir de 1987, il a été journaliste sportif à Avignon, Cavaillon, Valence. Originaire de Saint-Etienne, dans une famille qui compte plusieurs journalistes, il a été membre du comité directeur Rhône-Alpes de l’Union des journalistes de sport en France (UJSF).


Philippe Bienaimé, décédé le 8 mai. 65 ans

Retraité du groupe Nice-Matin depuis 2022, il avait été DRH de 2014 à 2020, lors de la reprise de l’entreprise par ses salariés. Dans le groupe depuis 1993, il a d’abord été responsable du service social-sécurité puis adjoint au DRH en 1997, et DRH de la filiale de portage. 


Angélique Kourounis, décédée le 6 mai. 61 ans

Journaliste d’investigation, documentariste et écrivaine franco-grecque, elle était diplômée de l’Institut des hautes études internationales Panthéon-Assas. Installée à Athènes, elle était correspondante de nombreux médias francophones : Libre Belgique, DNA , Politis, Charlie Hebdo, Radio France, RTBF, RTS romande, TV5, Radio Canada, CBC, Medi1.

 

Jacques Merlino, 75 ans

Après des études de droit et de sciences politiques il débuta par des piges au Monde, à L'Express et à Elle. Entré à Antenne 2 en 1977, il a d’abord été grand reporter puis présentateur du journal de 23 h en 1981. Trois ans plus tard, il est producteur et présentateur d'Aujourd'hui la vie. Lorsque cette émission s'arrêta, il revient à la rédaction de France 2 pour diriger le service de politique étrangère puis en 1999 comme rédacteur en chef de l’émission Argent public. Bénévole à la prépa La Chance pendant plusieurs années, retraité en Corse, il avait publié en 2011 "Profession reporter. Carnets de route 1973-1998’’ (L’harmattan), une réflexion sur le métier de journaliste, ses difficultés de saisir le réel et d’en rendre compte.


Géraldine Carré, décédée le 3 mai. 54 ans

Première animatrice de l’émission Confessions intimes sur TF1, de 2001 à 2003, la journaliste avait débuté à la fin des années 1990 à l’AFP de Lyon, sa ville natale, avant de rejoindre Europe 2 puis Europe 1 et Paris Première. En 2002, elle avait présenté Ça peut vous arriver sur TF1, émission produite par Julien Courbet, puis le magazine La vie en clair sur Canal + de 2003 à 2004, Les Maçons du coeur sur Fox Life en 2006, et en tant que chroniqueuse dans l’émission Langues de VIP animée par Benjamin Castaldi sur TF1 en 2006-2007. Mère de quatre enfants, elle avait publié Toi, mon bébé (La Martinière), un recueil de témoignages de célébrités sur la maternité.

AVRIL 2024

Christiane Lengagne-Rabiega, décédée le 22 avril. 87 ans

Ancienne speakerine à l’ORTF, elle avait été la voix des JO de 1967 et avait débuté en 1960 comme journaliste à Télé Lille devenue FR3 Lille. Dans les années 70, elle avait fondé un domaine viticole dans le Var, à Draguignan. Revendu, il porte toujours son nom.


Jean-Pierre Cayé, décédé le 10 avril. 80 ans

Journaliste à Ouest-France de 1964 à 2002.

 

Catherine Lambret, décédée le 6 avril. 84 ans

Présidente d’honneur de l’Institut Pratique du Journalisme (IPJ Paris-Dauphine) et ancienne directrice des études pendant près de 20 ans, elle avait pris sa retraite en 2000. Documentaliste, elle avait rejoint l’école de journalisme en 1980, deux ans après sa création par l’historien Pierre Miquel, pour en devenir un véritable pilier. En 2022, dans l’émission Complément d’enquête, elle n’avait pas hésité à expliquer « n’avoir jamais envoyé une fille en stage à TF1 » suite aux dépôts de plaintes pour viols, agressions sexuelles, contre l’ancien présentateur du 20 h, Patrick Poivre-d’Arvor.


Olivier Sureau, décédé le 5 avril. 78 ans

Reporter photographe depuis la fin des années 80, chargé des faits divers pour l’édition du Val d’Oise du Parisien, puis pigiste pour La Gazette du Val d’Oise, L’Écho, et le Régional, il connaissait parfaitement son terrain en étant également pompier volontaire. Toujours le premier sur les lieux des accidents et des incendies, il était notamment présent lors du crash du Concorde à Gonesse le 25 juillet 2000.


MARS 2024


Bernard Meyer décédé le 24 mars. 75 ans

Reporter photographe pendant 39 ans aux Dernières Nouvelles d’Alsace à Strasbourg, il avait pris sa retraite en 2010. Grand et costaud ses confrères le surnommaient « le bûcheron » ou le « viking ».


Frédéric Pichon décédé le 24 mars. 62 ans

Journaliste à France-Antilles durant une quinzaine d’années, diplômé de l’ISCPA, passionné d’archéologie précolombienne, il a publié de nombreux livres-jeunesse chez Caraïbéditions.


Yann Bessoul décédé le 23 mars. 65 ans

Ancien rédacteur en chef du Marin, journaliste à Ouest-France après Europe 1, il ne possédait que le diplôme d’apprentissage maritime obtenu à Cherbourg en 1975. Il a d’ailleurs été marin-pêcheur pendant dix ans entre Port-en-Bessin et Trouville.


Frédéric Mitterrand décédé le 21 mars. 76 ans

L’ancien ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy (2009-2012), neveu de l’ancien président de la République François Mitterrand, souffrait d’un cancer depuis plus d’un an. 

Homme de télévision il a réalisé, présenté et commenté dans les années 80 des documentaires consacrés au cinéma, aux personnages historiques et aux têtes couronnées. 

Entre 2008 et 2009 il a tenu une chronique dans le mensuel Têtu.

À la radio, il a animé des émissions littéraires sur Europe 1 et France Culture.


Jean-François Fogel décédé le 19 mars. 76 ans

Journaliste spécialiste du numérique, il a apporté son expertise à de nombreux médias pour la création de leurs sites internet (Le Monde, France Info, Sud Ouest, actu.fr. Professeur à l’école de journalisme de Sciences Po Paris, il était un ancien élève du CFJ. Il débuta à l’AFP et collabora au Point, Libération  et Le Magazine littéraire. 

 


Laetitia Krupa décédée à 48 ans. 

La société de production Jaraprod a annoncé la mort de la journaliste politique.

Dans Médias le mag sur France 5 elle assurait le fact-checking de la semaine et avait également compté dans l’équipe de On n’est pas couché sur France 2

En retrait depuis plusieurs mois pour des raisons de santé, elle était revenue à l’antenne au printemps 2023, avec un podcast consacré au décryptage de la communication politique : C’est tout Com sur FranceInfo en compagnie de Gaspard Gantzer et sur Public Sénat au cours du dernier trimestre 2023.

Diplômée de l’IFP 1998, elle avait débuté comme reporter à Radio France puis sur >iTélé. En 2005, elle collabora brièvement à MontpellierPlus puis à Canal+, Europe 1 et depuis 2016 sur BFM TV.


 

Sylvain Augier décédé le 16 mars. 68 ans

Animateur des émissions télé Faut pas rêver et La carte aux Trésors sur France 3 entre 1990 et 2005, il avait révélé en 2023 souffrir de troubles bipolaires dans un livre-témoignage intitulé Je reviens de loin.

Ancien élève de Sciences Po Toulouse, sa ville natale, il prépara le concours de l’ENA mais renonça à ses études pour débuter comme reporter à France Inter en 1979 où il exerça jusqu’en 1996. 

Outre la télévision, il était aussi homme de radio sur Sud Radio, et Radio Classique.  Passionné d’hélicoptère et de parapente, il vivait retiré des médias dans le Gard. Par sa mère, il était cousin germain de Matthieu Pigasse, propriétaire des Inrockuptibles, actionnaire du Monde et banquier.


Jean-Marie Borzeix décédé le 16  mars. 82 ans

Ancien directeur de France Culture entre 1984 et 1997, puis DG de Télérama en 1999 à 2000, il avait débuté à Combat en 1968 puis au Quotidien de Paris avant de devenir directeur littéraire au Seuil. Journaliste, homme de lettres, il est à l’origine de plusieurs émissions célèbres comme L’histoire en direct, L’esprit public, Des papous dans la tête et Le Pays d’ici.


François Hurel décédé le 13 mars. 64 ans

Ancien champion de karting 1989 avec l’équipe suisse (25 participations aux 24 Heures du Mans Karting jusqu’en 2013), puis team manager, il exerça comme journaliste depuis les années 80 dans le groupe Hommel, à Échappement et AutoHebdo  jusqu’à sa retraite en 2022, mais aussi à Endurance-info et dans les pages de Circuit Magazine et Le MansRacing dont il a été rédacteur en chef. Malgré des soucis de santé il continuait à gérer la revue du Club des Pilotes des 24 Heures du Mans.


Claude Mourthé décédé le 13 mars. 92 ans

Ancien metteur en scène et journaliste, il exerça comme producteur sur France Culture avec l’émission Un livre, des voix jusqu’en 1999. Critique au Magazine Littéraire et au Figaro Magazine il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages (romans, essais, poésies).

 


Madeleine Chapsal décédée le 12 mars. 98 ans

Journaliste et écrivaine, elle a participé au lancement de L'Express en 1953 aux côtés de son premier époux Jean-Jacques Servan-Schreiber (JJSS), et a travaillé dans ce journal jusqu'au début des années 1970 en tant que critique littéraire réputée. 

Son livre le plus connu,  « L’Homme de ma vie », publié en 2004 est consacré à JJSS. Mariés en 1947, ils avaient divorcé en 1960. Elle s'était remariée en 2019, à l'âge de 93 ans.

Pour le cinéma, plusieurs de ses livres ont été adaptés, comme "La Maison de Jade" (1988, de Nadine Trintignant), "La Femme abandonnée" (1992, d'Edouard Molinaro) ou "L'Inventaire" (1998, de Caroline Huppert).          


Alexandre Comte, décédé le 2 mars. 40 ans

Ancien journaliste au Inrocks, il connaissait de graves ennuis de santé. Le 3 avril, un mois après sa mort, le tribunal de Paris lui a donné raison dans un conflit qui l’opposait à l’écrivain Nicolas Rey, à propos d’un recueil de nouvelles paru en 2017. Auteur, non crédité, de quatre d’entre elles, Alexandre Comte avait signé un accord pour être indemnisé, accord censé être maintenu confidentiel. La clause de confidentialité n’ayant pas été respectée, le tribunal a donné raison au journaliste en 2020 lui accordant 10.000 € pour préjudice moral. La Cour d’appel a confirmé le jugement en portant la somme à 15.000 €. Une bataille judiciaire dont il ne profitera pas…


FÉVRIER 2024

Claude Ferrero décédé le 26 février. 70 ans

Après des études de sciences politiques et de journalisme, il débuta à Villeurbanne. Correspondant du journal économique La Tribune et de plusieurs magazines professionnels, il  consacra plusieurs livres à la ville de Lyon.


Raphaël Motte décédé le 22 février. 61 ans

Depuis 1982, il a été rédacteur, secrétaire de rédaction, chef d’agence, rédacteur en chef puis PDG en 1999 du groupe Presse régionale (SEPR) qui fédérait une dizaine d’hebdos (La Voix du Midi, La Vie Quercynoise, La Voix du Cantal, La Voix du Gers, L’Echo du Tarn et La Croix du Midi). Le groupe Publihebdos qui prendra la suite en 2005, fera appel à lui en 2014 lors du rachat de La Croix du Nord à Lille. En 2015, il relancera les six hebdos implantés en Languedoc-Roussillon et Occitanie. En 2006, il publia le « Guide pratique de l’aventure avec des enfants », après une année passée autour du monde avec sa famille. Il collaborait également à actu.fr.


Olivier Nicolas-dit-Duclos décédé le 25 février. 53 ans.

JRI de Martinique 1re, depuis 2003, il avait débuté à Télé-Martinique 


Marc Verrier décédé le 14 février. 57 ans

Journaliste indépendant et photographe installé à Orbec (Calvados), il intervenait dans la presse équestre après avoir été correspondant pour Ouest-France.


Jean-François Pernin décédé le 13 février. 82 ans

Journaliste pendant 20 ans au Monde, il avait été élu maire UDF du 12e arrondissement de Paris de 1995 à 2001, succédant à son père élu de 1983 à 1995. Conseiller de Paris de 2001 à 2008, il  refusa de figurer en 2e position sur la liste MoDem aux municipales de 2008.


Maurice Olivari décédé le 13 février. 76 ans

Licencié en droit, ancien correspondant de TF1 à l’étranger dans les années 1990-2000, il était passé par New-York et Washington mais son nom restera associé à partir de 1991 à l’Italie et à Rome où il est resté en poste pendant plus de 20 ans, jusqu’à la fermeture du bureau en 2012.  Il avait débuté en 1970 au bureau de FR3 Montpellier.

TF1 a salué « un visage et une voix emblématique du journalisme ». 


Fabienne Chauvière décédée le 11 février. 64 ans

Journaliste et productrice sur France Inter depuis 32 ans, son émission Les Savanturiers consacrée aux avancées scientifiques existait depuis 15 ans. Elle avait débuté sur FR3 Basse Normandie en 1981 puis dans le JT du soir sur FR3 Poitou-Charentes de 1982 à 1985. De 1987 à 1995, elle anima l’émission D’un soleil à l’autre consacrée à l’agriculture et à l’agronomie. Sur France Info de 2010 à 2018 elle proposait sa chronique Questions de choix. En 2021, sa série de podcasts Le jour où, consacrée à la parole de chercheurs, a fait l'objet d'un livre.


Jean-Michel Noël. 62 ans

Preneur de son pendant plus de 30 ans à France Télévisions, l’annonce de son décès a été faite dans le JT de 13 h du 11 février, sur France 2 présenté par Leïla Kaddour.

 

René Château. 84 ans

Le célèbre distributeur de films a été journaliste après avoir commencé à travailler à 14 ans comme carreleur. Au magazine Lui, en 1964, il sera engagé par Daniel Fillipacchi et Jacques Lanzmann (parolier de Jacques Dutronc), pour tenir la rubrique du courrier des lecteurs. Devenu responsable de la rubrique Cinéma dont il est passionné, il interviewe Jean-Paul Belmondo sur le tournage de Pierrot le fou de Godard. Il deviendra son attaché de presse et actionnaire de sa société de production. Pendant 15 ans, ils accumuleront les succès et à partir de 1980 ils se lanceront dans la distributions des films. En 1990, la société sera vendue à Canal+.


Géraldine Lassalle décédée le 10 février. 46 ans

Bénévole de l’association La Chance pour la diversité dans les médias, toujours disponible et souriante, sa pédagogie était unanimement appréciée. Journaliste indépendante, après avoir exercé à France 3 Rennes, elle animait depuis 2019 des ateliers d’écriture journalistique dans des quartiers de Rennes, soutenus par plusieurs associations culturelles et éducatives, ainsi que la CAF. Une initiative originale d’éducation aux médias déclinée avec les habitants des quartiers par écrit, en podcasts et vidéos.


Mélanie Houé décédée le 9 février. 36 ans

Ancienne correspondante de Libération à Beyrouth de 2013 à 2019, diplômée de l’ESJ Lille et l’ESJ Pro de Montpellier, elle collaborait à La Libre Belgique, RTL, MÉDI1, BFM TV, France 24 et TV5 Monde. De 2019 à 2021, elle était au Qatar pour un site francophone du groupe Al-Jazeera. Elle avait débuté dans la presse locale pour le site Yvelines Première.



Gérard Guillaume décédé le 8 février. 65 ans

Chef monteur puis JRI, responsable des programmes et de l'antenne à Martinique 1ère puis à Mayotte, il poursuivra son parcours professionnel à Wallis et Futuna en tant que directeur régional d’antenne, fonction qu’il occupa également en Guyane. Il débuta à RFO Martinique en 1992.


Alfred Grosser décédé le 7 février. 99 ans

Historien spécialiste des politiques françaises et allemandes, professeur à Sciences Po, agrégé d’allemand, il a été chroniqueur politique au Monde de 1965 à 1994 puis à La Croix et Ouest-France. Athée, il était le fils d’une famille juive allemande venue se réfugier en France en 1933. Son père mourra un an plus tard. Alfred Grosser est décédé 90 ans jour pour jour après son père.


Pascal Percq décédé le 3 février. 76 ans

Ancien grand reporter à Nord Éclair, correspondant du Point, Politis, La Vie, il a été vice-président national d’ATD Quart monde. Militant socialiste, il a été dans le cabinet de Martine Aubry lorsqu’elle était ministre de l’Emploi puis maire de Lille.


Jeanne Folly décédée le 30 janvier.

Ancienne institutrice, elle a été journaliste à Libération, au Matin de Paris et au Canard Enchaîné, où elle écrivait des chroniques décapantes. Elle a participé au Tribunal des Flagrants Délires sur France Inter aux côtés de Claude Villers, décédé en décembre dernier, où elle dressait un profil psychologique loufoque des accusés.


JANVIER 2024

Iskandar Safa, décédé le 29 janvier d’un cancer. 68 ans

Milliardaire franco-libanais, né dans une famille chrétienne maronite proche de la dynastie El Saoud d’Arabie Saoudite, il était propriétaire du groupe de presse Valmonde depuis 2015 (Valeurs Actuelles, Marine & Océans). L’homme d’affaires possèdait également un important parc immobilier et hôtelier dans le sud de la France. 

Il a bâti sa fortune avec son frère, à la tête de Privinvest Holding, géant international de la construction navale et l’armement. Il racheta notamment les chantiers de Normandie, ceux de Cherbourg, et contrôlait des chantiers en Grèce, Abou Dhabi et Hambourg. En 1988, il a servi de négociateur pour obtenir la libération des otages français au Liban. 

En 2019, il avait voulu racheter Nice Matin face à Xavier Niel. Il s’était rabattu sur la télé locale Azur TV dont il possédait 39 % du capital. Sa fortune familiale s’élève à 1,45 milliards d’euros (classement Challenges 2023).


Jean-Michel Quatrepoint, décédé le 26 janvier. 79 ans

Diplômé du CFJ (1987), journaliste économique au Monde (1973-1984), il dirigea ensuite les rédactions de L’Agefi, La Tribune, Le Nouvel Économiste, La Lettre A et collabora aux Échos et à Marianne. Outre de nombreux articles sur la vente d’Alstom au groupe américain General Electric, il publia en 2015 Alstom, scandale d’État (Fayard).


Frédéric Edelmann, décédé le 25 janvier. 72 ans

Entré au Monde en 1977, il a été chef-adjoint du service culturel (1981-1984). Spécialiste d’architecture, d’urbanisme et de patrimoine, passionné par la Chine, il était membre associé de l’Académie d’architecture. De 1985 à 1987 il a été secrétaire général de l’association AIDES dont il fut l’un des cofondateurs. 


Jean-Michel Barrault, décédé le 17 janvier. 96 ans

Journaliste spécialiste de voile, il avait fondé en 1970 la course de L’Aurore devenue en 1980 la Solitaire du Figaro.

Né à Nantes, diplômé de Sciences Po Paris, il collabora aux quotidiens L’Aurore, Le Figaro, Le Télégramme de Brest et aux magazines Le Yacht, Neptune-nautisme et Voiles et Voiliers dont il fut rédacteur en chef quelques années. Passionné de voile, il a rédigé une quarantaine d’ouvrages. Partageant sa vie entre Paris et Saint-Malo, il avait soufflé en 1978 aux créateurs de la Route du Rhum de faire partir la transatlantique en solitaire de la célèbre cité Corsaire.

Alain Vernholes décédé le 16 janvier. 88 ans

Journaliste économique au Monde de 1962 à 1996, diplômé du CFJ, il avait débuté aux Échos. Spécialiste des finances publiques et de la fiscalité, ses confrères lui avaient attribué le titre de « pape du budget ». Président pendant plusieurs années de l’AJEF (association des journalistes économiques), il donnait une chronique hebdomadaire à La Croix de 1998 à 2015.  

En 1982 il créa avec son épouse l’arboretum de Boiscorde, à Rémalard, dans le Perche ornais, un site exceptionnel de plus de 15 Ha, devenu sa seconde passion.



Robert Pietri décédé le 14 janvier. 88 ans 

En 1988, il a été le premier directeur de TLT (Télé Toulouse), l’une des premières télés locales hertziennes françaises. Elle avait été créée par Dominique Baudis, ancien maire de Toulouse et journaliste, décédé en 2014. 

À ses débuts, la chaîne avait pour actionnaires principaux la ville et la Générale des eaux (devenue Vivendi), puis en 2004, Lagardère et La Dépêche. L’aventure s’arrêta en 2015 par une liquidation judiciaire faute de recettes publicitaires suffisantes.


Robert Pietri lança également 7Ltv à Montpellier en 2003, avec le groupe NRJ. Licencié en droit, diplômé de l’IFP, il débuta à Radio et Télé Alger en 1958, aux côtés de Jean-Pierre Elkabbach.

Il poursuivra sa carrière en métropole en 1962, à France Inter, puis TF1 et FR3.  

Sa disparition a été vivement ressentie par de nombreux journalistes et techniciens qu’il contribua à former. Son expérience l’a également conduit à présider l’EJT (École de journalisme de Toulouse). Robert Pietri a été marié à Martine Chardon, animatrice de radio et télévision, décédée à 56 ans en 2003.



Jean-Paul Piérot décédé le 9 janvier. 71 ans

Rédacteur en chef de L’Humanité et éditorialiste (1994-2016), il avait rejoint le quotidien communiste en 1986 pour suivre les pays de l’Est. En 1999, il deviendra chef du service international puis de 2006 à 2010, chef du service politique, économique et social. Il avait débuté  en 1976 à L’Union de Reims qu’il quittera en 1983, après le rachat par Hersant Média.



Thomas Guillaume décédé le 8 janvier. 42 ans

Journaliste sportif à la rédaction de Brest (Finistère) de Ouest-France. Passionné de football, il suivait l’actualité du Stade Brestois. En poste depuis 2007, il était passé par les rédactions des Côtes-d’Armor, de Mayenne, Sarthe et Morbihan.

 


Alain Morin décédé le 27 décembre 2023 des suites d’un cancer. 73 ans

Président depuis 1992 de la fédération des Amis du Perche, ce journaliste passionné par son terroir a été chef adjoint de l’écho républicain à l’agence de Nogent-le-Rotrou jusqu’à sa retraite en 2011. Il y avait débuté en 1974 après des études d’histoire

Délégué syndical, élu régional à la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels, il a siégé au secrétariat national du SNJ dans le courant des années 1990. Défenseur des traditions du Perche, il est à l’origine du magazine semestriel Pays du Perche lancé en 2004. Son dernier ouvrage intitulé La Sorcellerie dans le Perche est paru l’été dernier. En 2024, il comptait rééditer Les Trésors du parler percheron.



Patrick Buisson décédé le 26 décembre 2023. 74 ans

Directeur général de la chaîne Histoire (2007-2018), conseiller du président Sarkozy (2007-2012),

il était une figure du journalisme d’extrême droite, à Minute (1981-1987) et à Valeurs Actuelles où il a été directeur de la rédaction (1992-1998).



DÉCEMBRE 2023

 

Claude Villers 
décédé le 16 décembre. 79 ans.


Autodidacte, de son vrai nom Claude Marx, tour à tour employé au Crédit Lyonnais, garçon de café et catcheur, il a été le plus jeune journaliste de France, à 17 ans et demi en 1962, débutant à Paris Jour et Paris Presse. 

Après un passage rapide à Europe 1 et RTL, aux côtés de Jean Yanne et Jacques Martin,  sa vraie carrière à France Inter commence en 1964, à 20 ans. 

En 1965, il est aux côtés de José Artur et son « Pop Club », au Bar Noir de la Maison de la Radio, chaque soir de 22 h à 23 h 30

Correspondant à New York de 1968 à 1971, il revient à Paris avec l’émission quotidienne « À plus d’un titre » consacré à la vie américaine et à l’histoire des États-Unis.

Humour, caricature, qualité des reportages, sa voix emblématique forgera le ton France Inter de l’époque, dans des émissions cultes : « Pas de panique » (1972), « Marche ou rêve » (1976), « Comme on fait sa nuit on se couche » (1978), « Le vrai-faux journal » (1991), « Marchands d’histoires (1992-95), « Les routes du rêve », « Tous aux abris » (1996).

Des émissions construites par une équipe fidèle et sa réalisatrice-productrice Monique Desbarbat, disparue en 2015.

Ses quarante ans de radio culmineront au « Tribunal des flagrants délires » avec les réquisitoires acides de Pierre Desprogres et les plaidoiries de Luis Rego (du groupe Les Charlots). 

Deux saisons délirantes en 1980-81 et 1982-83, entrecoupées par un an sur RMC où nommé directeur des programmes en 1981, il préféra renoncer à ce poste pour produire l’émission quotidienne « Le Vent du désert : le tour des États-Unis en train ». 

Le concept du tribunal sera repris en 1988 avec « Bienvenue au Paradis ».

De 1997 à 2004, sa dernière émission « Je vous écris du plus lointain de mes rêves » l’amène jusqu’à la retraite et la publication de ses souvenirs radiophoniques dans « Parole de rêveur : quarante ans de radio ». Depuis, il vivait en Gironde, non loin de la Dordogne.

Acteur occasionnel avec Bertrand Tavernier dans L'horloger de Saint-Paul en 1974, La Balance, de Bob Swaim en 1982 ou L'Amour en douce d'Edouard Molinaro en 1984, il était également auteur de scénarios et membre du festival de BD d’Angoulême. 



Elise Fischer décédée le 25 décembre. 75 ans

Autrice très attachée à sa Lorraine natale où se déroulaient la plupart de sa quarantaine de romans, elle a été journaliste dans la presse écrite chrétienne France Catholique et Panorama, à Radio Notre-Dame puis à RCF où elle produisait et animait une émission littéraire. Au groupe Bayard, à partir de 1992, elle dirigea le service littéraire du magazine Côté Femme devenu Vivre Plus. 


Clémentine Vergnaud 
décédée le 23 décembre. 31 ans

Journaliste à France Info, elle souffrait depuis un an et demi d’un cancer des voies biliaires. 

En mai dernier elle avait raconté son combat contre la maladie dans un émouvant podcast en dix épisodes « Ma vie face au cancer ». 

Jean-Philippe Baille, le directeur de la station a salué « le courage incroyable » et la « détermination sans faille » de sa jeune reporter, tout en soulignant son « immense joie de vivre ». 

Sur son site, France Info  lui a rendu hommage : « Nous n’oublierons pas la journaliste qu’elle était. Sa capacité à dénicher les bons sujets, à aller jusqu’au bout d’elle-même pour rapporter le témoignage qu’il fallait. Elle était animée par l’envie d’expliquer, de raconter, de transmettre. Sa carrière était toute tracée, son avenir dans la profession évident ».

Journaliste radio depuis 2015, elle avait fait ses stages professionnels à la rédaction d’Angers de Ouest-France, dans les locales du Lot-et-Garonne de Sud Ouest et à France Bleu La Rochelle. Entre 2012 et 2015, elle a été étudiante à l’EPJT de Tours après une année de licence en sciences de l'information et de la communication à l'université de Bordeaux. Elle était également titulaire d’un diplôme de criminologie de l’université de Nantes.

Ses obsèques ont eu lieu dans son village natal, à Courlay (Deux-Sèvres).


Olivier Jonemann décédé le 14 décembre. 68 ans.

Journaliste de radio et de télévision, il a officié près de 35 ans sur Nouvelle Calédonie 1ère. Présentateur du JT, spécialiste des questions minières, il avait pris sa retraite en 2020.


Robert Daranc décédé le 10 décembre. 89 ans.

Fait-diversier pour La dernière heure lyonnaise, l’édition locale du Dauphiné Libéré, ancien correspondant de RTL à Lyon pendant près de 40 ans, de son vrai nom Robert Jasseron, il a notamment couvert les procès de Klaus Barbie en 1987, d’Action Directe et du Gang des Lyonnais. 


Michel Marneur décédé le 8 décembre. 81 ans.

Journaliste retraité depuis 1997, il a été chef d’agence de La République du Centre à Dreux (Eure-et-Loir) dans les années 80.

Ancien président d’une amicale de parachutistes jusqu’en 2008, il a fait partie du 1er Rpima de Mont-de-Marsan-Bayonne. 


Benoît Califano décédé le 3 décembre. 56 ans. 

Directeur de l'ESJ pro de Montpellier depuis 16 ans, il a succombé des suites d'un cancer. Journaliste radio, il débuta à Radio Clapas. En 1995, il avait rejoint Radio France et l’équipe de Daniel Mermet sur France Inter comme reporter pour l’émission « Là-bas si j’y suis ». Documentariste, il collabora également à Arte et  France 5.


Jean Ristat, décédé le 2 décembre. 80 ans.

Directeur des Lettres françaises, il contribua à les ressusciter une première fois en 1989 après leur mise en sommeil à la disparition d’Aragon en 1972. Il les relancera en 2004 comme supplément littéraire de L’Humanité. En 2014, la revue cesse de paraître mais Jean Ristat les relance fin 2017, avec une parution mensuelle, à l’occasion du 75e anniversaire de leur création pendant l’Occupation en septembre 1942 par Jean Paulhan et Jacques Decour.

Poète, critique, secrétaire perpétuel de la Maison Elsa Triolet-Aragon, président de la Société des amis, il était le légataire universel du couple.

NOVEMBRE 2023

Elliott Erwitt, décédé le 29 novembre. 95 ans.

Photographe franco-américain, il compte parmi l'un des plus grands photographes de la seconde moitié du XXe siècle.

Fils d'immigrés juifs russes, né à Paris en 1928, ses parents émigrent aux États-Unis en 1938. 

Revenu en Europe au début des années 1950, assistant-photographe dans l'armée américaine, il sera invité par Robert Capa à rejoindre 

la prestigieuse agence Magnum en 1953, qu'il présidera de 1968 à 1970.

Erwitt a travaillé pour les magazines Look, LIFE et Holiday

Ses photos en noir et blanc ont fait le tour du monde, documentant les grands évènements socio-politiques, la famille, le racisme,  sa passion pour les chiens, Marilyn Monroe, mais aussi des scènes ordinaires prises à Paris, Rome, Tokyo, La Havane, Moscou, New York, sa ville d'adoption, avec Central Park, son terrain d'action préféré. 

En huit décennies, il a réalisé 600.000 négatifs, dont 6.000 sont conservés par l'agence Magnum et près de 50.000 ont été acquis par l'université du Texas

L74e album de la collection 100 photos pour la liberté de la presse, édité le 2 novembre par Reporters sans frontières (RSF) est consacré à Elliott Erwitt. 

Françoise Vidal, décédée le 24 novembre. 

Diplômée de l’IFP, elle débuta à Stratégies et cofonda CB News en 1986, avec Christian Blachas. Elle en sera la première rédactrice en chef puis directrice générale de la plateforme de référence de la communication et des médias.


Jean-Charles Houel, décédé le 23 novembre. 77 ans.

Journaliste, il a été rédacteur en chef de La Dépêche de Louviers (Eure) de 1971 à 2004. 


Claude Fléouter, décédé le 15 novembre.

Journaliste musical au Monde des années 60 jusqu’en 1990, son nom restera associé aux Victoires de la musique, fondées en 1985 avec Jérôme Savary. Dix ans plus tard il lance les Victoires de la musique classique. Il sera mis à l’écart en 1996 en raison d’un conflit d’intérêt, la lauréate du prix de la révélation féminine étant produite par l’un de ses proches. En 1999 il remportera son procès pour « rupture abusive de contrat » et « plagiat » contre les Victoires. Auteur de plusieurs livres, dont « Renaud : putain de vie » il a écrit également sur Brassens, Barbara, John Lennon, Bob Dylan, Eric Clapton…

Jacques Vallet, décédé le 15 novembre. 84 ans.

Critique littéraire, auteur de romans, nouvelles et poèmes, il a travaillé pour Libération (1986-1991), les Inrockuptibles (1995-1998) puis de 2012 à 2016 au Canard Enchaîné. En 1979, il reçoit le grand prix de l’humour noir pour sa revue Le fou parle. De 1992 à 2018, il  participait sur France culture à l’émission Des Papous dans la tête.


Alessandra Bianchi, décédée le 14 novembre. 59 ans. 
Chroniqueuse de football d’origine italienne, elle a participé au magazine L’équipe du dimanche sur Canal+ entre 2005 et 2016. Voix du football italien en France, elle passa également par M6 et DKP sur RMC. Correspondante de L’Équipe et du Parisien en Italie, elle était ces dernières années au service de la Lega Pro, organisatrice des trois championnats de série C, la 3e division italienne de football.


Michel Ciment, décédé le 13 novembre. 85 ans. 

Écrivain, universitaire, critique de cinéma, journaliste, producteur, sa voix accompagnait Le Masque et la Plume de France Inter depuis 1970. Il a produit Projection privée sur France Culture de 1990 à 2016. Il présida le syndicat de la critique. En 1994, il a reçu le prix Maurice-Bessy récompensant une personnalité exerçant son activité dans les domaines de l’écriture cinématographique. Il a écrit des livres sur Kazan, Losey, Rosi, Kubrick.


Jean-Louis Hartmann, décédé le 11 novembre. 86 ans.

À 28 ans, il a été rédacteur en chef de La Dépêche d’Evreux (Eure) jusqu’à la vente du journal en 1993-1994 au groupe Hersant. De 1995 à 2001 il a dirigé la revue municipale d'Evreux. 


Laurent Greilsamer, décédé le 8 novembre. 70 ans.
Journaliste (ESJ Lille), il entra au Monde en 1977 : rédacteur, grand reporter, responsable du service Police-Justice (il consacra un livre au procès du sang contaminé en 1992), rédacteur en chef, il devient  directeur adjoint en 2007 jusqu’en 2011. Il débuta au Figaro en 1974 puis au Quotidien de Paris. 

Auteur de nombreuses biographies (Nicolas de Staël, René Char, Dreyfus, George Sand, Hubert Beuve-Méry fondateur du Monde), il lança en 2014 avec Eric Fottorino l’hebdo Le1, où il était encore conseiller éditorial. 

De 2011 à 2015, il enseigna l’écriture à l’école de journalisme de Sciences Po Paris.


René-Pierre Boullu. 77 ans.

Journaliste à Libération de 1974 à 1991, grenoblois, ancien militant de la Gauche prolétarienne, il avait en charge la rubrique sociale et sera même, un temps, responsable du personnel au sein de la direction du quotidien. En 1986 il lança l’éphémère édition Lyon-Libé qui s’arrêta un an plus tard. En 2015, il a été victime d’un AVC. 


Jean-Louis Aragon, décédé le 3 novembre. 71 ans. 

Journaliste au Monde de 1994 à 2011, il participa à la modernisation du système éditorial comme formateur de ses confrères avant de rejoindre le service des sports. Il avait d’ailleurs débuté au quotidien Le Sport en 1987-88. Passionné de jazz, de cyclisme, de rugby et de golf, il avait fait des études de lettres à Pau, sa ville d’origine, Toulouse, Madrid et Salamanque. 


Jean Fournier, décédé le 3 novembre. 89 ans. Journaliste au Télégramme, à Quimper et à Lorient, pendant une dizaine d’années jusqu’à sa retraite en 1993.



OCTOBRE 2023


Christiane Collange, décédée le 25 octobre à 92 ans.

Soeur de Jean-Jacques Servan-Schreiber, et mère de Vincent Ferniot, elle s’apprêtait à fêter son anniversaire le 29 octobre. Diplômée de l’IEP de Paris, elle débuta à L’Express  à 23 ans (rubrique Madame Express) et sera le première femme journaliste engagée à Europe 1 en 1970, puis rédactrice en chef du Jardin des Modes et chroniqueuse à ElleLCI et Télématin. Elle laisse plus d’une vingtaine d’ouvrages dédiés aux nouvelles tendances sociologiques des femmes et de la famille.


Thierry Deransart, décédé le 18 octobre à 61 ans.

Douze ans secrétaire général du Figaro Magazine (2003-2015) et directeur de la rédaction, tous les papiers passaient au crible de son oeil de lynx. Alsacien de Mulhouse, il a été rédacteur en chef des Nouvelles Calédoniennes avant d’entrer en 1989 au Figaro comme chef de service aux pages médias. Après un passage à Info Matin (1994-1996) il a été rédacteur en chef adjoint et grand reporter à Valeurs Actuelles  (1998-2003).


Ari Assuied, décédé le 5 octobre à 45 ans.

Fondateur et PDG du kiosque de presse numérique Cafeyn, est décédé subitement en Israël où il séjournait avec son épouse et leurs trois enfants, à la veille des attaques du Hamas. Ancien banquier d’affaires, diplômé en finances, il cofonda LeKiosk en 2006 qui deviendra Cafeyn en 2019, aujourd’hui leader du marché français avec 3 millions d’utilisateurs en lien avec les opérateurs téléphoniques.


Jean-Pierre Elkabbach, décédé le 3 octobre à 86 ans. 

(PhotoCorentin Fohlen/ABACAPRESS)

En plus de 60 ans de carrière, le célèbre journaliste politique  était redouté autant à gauche qu'à droite pour ses interviews dramaturgiques volontairement provocateurs. 


L’été dernier, il avait été à nouveau hospitalisé après avoir été opéré en 2019 d’un sarcome. Son état s’était dégradé récemment.

L’éditorialiste Alain Duhamel, lui rendant hommage, voit en lui « le meilleur intervieweur que l’on ait eu » et Delphine Ernotte, a salué  la mémoire de celui qui fut avant elle patron de France Télévisions : « Il aura raconté la politique et le siècle comme personne et amené le débat public dans tous les foyers ».

Né à Oran dans une famille juive, son père meurt alors qu’il a 12 ans. Après le lycée, lauréat de la bourse Zellidja, ses études le conduiront à Paris (Institut Français de Presse et Sciences Po) avant de débuter à Radio Alger en 1960, pendant ses vacances d’été. Lors du putsch des généraux, il sera arrêté par les militaires qui verront en lui un pied-noir traître à l’Algérie française. 

Nommé par l’ORTF à Paris, il fera grève en 1968. Placardisé et « muté » à Toulouse, il devient correspondant à Bonn (RFA). Présentateur du journal télévisé à partir de 1970 sur la 1re chaîne, il rejoindra la 2 en 1972. Sur France Inter à partir de 1974, il est promu rédacteur en chef en 1975 et revient en 1977 sur Antenne 2 à partir de 1977.

Interviewer politique, il anima Cartes sur table avec Alain Duhamel de 1977 à 1981. 

François Mitterrand élu président en 1981, il est poussé vers la sortie du service public et rejoint Europe 1 dont il devient directeur général adjoint en 1988. 

Après l’épisode éphémère de La Cinq à laquelle il collabora en 1991, il devient président de France Télévisions en 1993, sous le gouvernement de cohabitation, mais devra démissionner en 1996 suite au scandale des contrats exorbitants faits aux animateurs-producteurs (Delarue, Arthur, Nagui). 

Proche de la famille Lagardère, JPE retrouvera le micro d’Europe 1, où L’invité du matin et le Club de la presse dureront jusqu’en 2005 et tout en conservant son rendez-vous matinal, il dirigera le groupe Lagardère News. 

Arnaud Lagardère le nommera président de la station jusqu’en 2008.

Parallèlement, de 2000 à 2009 il présidera la chaîne parlementaire Public Sénat où il anima l’émission littéraire Bibliothèque Médicis. 

En 2017, il abandonne l’interview politique de 8 h 20 sur Europe 1 et rejoint à 79 ans CNews comme conseiller de Vincent Bolloré. Depuis août 2021, il assurait de nouveau sur Europe 1 les entretiens matinaux du week-end. 

Marié à la romancière et scénariste Nicole Avril, ils avaient co-signé son autobiographie Taisez-vous Elkabbach ! parue en 1992. Une phrase jamais prononcée par Georges Marchais, alors premier secrétaire du PCF, caricaturé par l’humoriste Thierry Le Luron.

En 2022, il avait interrompu ses interviews politiques le temps de terminer son livre, Les rives de la mémoire (éditions Bouquins) paru fin octobre.

Il était le père de l'actrice Emmanuelle Bach, est née en 1968.


Elkabbach interview F. Mitterrand sur Vichy et sa relation avec René Bousquet (INA - septembre 1994)



SEPTEMBRE 2023


Philippe Loquay, décédé le 11 septembre à 74 ans.

Ancien journaliste à Sud Ouest  et France 3 à Bordeaux, il a dirigé de 2000 à 2010 l’ISIC (Institut des Sciences de l’Information et de la Communication). Maître de conférences, il a été directeur adjoint de 2010 à 2012 de l’UFR Sciences des Territoires et de la Communication. Il était depuis 2018 vice-président du Club de la presse de Bordeaux.



Jacques Julliard, décédé le 8 septembre à 90 ans. 

Journaliste et éditorialiste, historien des gauches et du mouvement ouvrier français, il comptait parmi les piliers du Nouvel Observateur, depuis 1969 aux côtés de Jean Daniel, fondateur de l’hebdomadaire. En 2010, après 32 ans de collaboration, il rejoint Marianne et en 2017, le Figaro avec une chronique mensuelle. Figure de la « deuxième gauche » au sein de la CFDT, engagé contre le colonialisme, il a également été directeur de la collection Politique au Seuil, chroniqueur à la revue Esprit, et producteur de l’émission «  Le grand débat » sur France Culture. Il est le père de Jean-François Julliard, directeur du Canard Enchaîné.

Loïc Fouquet, décédé le 4 septembre à 74 ans, alors qu’il se baignait dans la mer à Trévo-Tréguignec (Côtes d’Armor). Journaliste à la rédaction de Lannion de Ouest-France, retraité depuis 2008, cet ancien ouvrier du livre reconverti avait débuté à Carhaix (Finistère) puis à Challans (Vendée).


AOÛT 2023


Marie Vindy, décédée le 31 août à 51 ans, d’une récidive de cancer. Formée aux Beaux-Arts à Besançon et Nantes, romancière de polars, chroniqueuse judiciaire au Bien Public à Dijon sa ville natale, elle avait publié son premier roman « Mektoub » en 2004 et « Justice soit-elle » en 2017, en s’inspirant de meurtres de femmes non élucidés en Bourgogne. 

Militante féministe, elle présidait l’association Solidarité femmes 21 depuis une dizaine d’années. 


Jean-Michel Benquetdécédé à 67 ans. Journaliste à l'écho républicain à Chartres pendant 34 ans, retraité depuis 2015, il vivait avec sa famille dans l'Aude.
Diplômé de l'IUT de Bordeaux, ce localier proche des lecteurs, oeuvrait aussi bénévolement en faveur de l'alphabétisation.

Gérard Leclerc
, décédé le 15 août à 71 ans dans le crash de son avion qu’il pilotait. Parti de Loudun (Vienne, département où il résidait) à destination de La Baule, où il devait assister au concert donné par son demi-frère, le chanteur Julien Clerc, son avion s’est écrasé entre Nantes et La Baule dans une zone de marais. Parmi les trois victimes se trouvait Michèle Monory, la fille de l’ancien président du Sénat, René Monory, accompagnée d’une amie. 

Journaliste de télévision durant plus de 40 ans, éditorialiste politique à CNews depuis 2017, il exerça à France Télévisions (1985 à 2009) avant de devenir président de la chaîne parlementaire LCP (2009 à 2015). Il rejoint alors la matinale de Radio Classique. Diplômé de Sciences Po Paris, il débuta au Monde en 1978 et devient reporter puis journaliste économique à Europe 1 jusqu’en 1985. Chef du service économique de RMC (1985) il devient chef adjoint puis chef du service économique d’Antenne 2 puis à France 2 de 1992 à 1997, il sera rédacteur en chef de Télématin et présentateur des 4 Vérités. En 1997 il devient directeur adjoint de la rédaction de France 2 jusqu’en 2004 puis rédacteur en chef de France 3 (2007 à 2009) à la direction du service politique. Il était marié à Julie (Chantal Séloron) voix d’Europe 1 pendant près de 50 ans, avec qui il a eu trois enfants. 


Jean-Michel Leulliot, décédé à 84 ans. Figure du journalisme sportif dans les années 80, il participa à Stade 2 dès les années 70. Pilier de TF1, dont il présenta le JT avant de devenir rédacteur en chef des journaux du matin et du week-end dans les années 80-90, il sera le premier reporter à recueillir les réactions de Yannick Noah après sa victoire à Roland-Garros en 1983. 

Sa première épouse, Maryse, grande voix d’Europe 1, deviendra l’épouse de Philippe Gildas en 1990.


Gilles Perrault, décédé à 92 ans. Avocat devenu journaliste puis écrivain, il publia en 1978 « Le Pull-over rouge » consacré à l’affaire Ranucci, guillotiné en 1976 pour le meurtre d’une petite fille. Sa plume fera avancer la cause de l’abolition de la peine de mort.


Philippe Rifflet, décédé à 58 ans. Directeur délégué du groupe Publihebdos (groupe Sipa-Ouest-France), originaire de Normandie, il débuta à L’Éveil Normand à Bernay en 1985 comme journaliste sportif. En 1989 il devient rédacteur en chef du Bulletin de Darnétal à Rouen et de La Dépêche du Pays de Bray. En 1991, il dirige les Informations Dieppoises. Ces journaux du groupe Méaulle sont cédés à Publihebdos en 2001 qui le nomme directeur du Perchede L’Orne Hebdodes Alpes Mancelles et des Nouvelles de Sablé. Dans le Calvados il dirigera également Liberté-Bonhomme Libre et L’Éveil de Lisieux. Avec l’absorption des hebdos du groupe Hersant en 2007, il devient directeur délégué pour la zone Nord de Publihebdos et enchaîne les chantiers (réorganisations, lancement de gratuits et de sites internet, partenariats). En 2017, il participe au développement d’Actu.fr.


JUILLET 2023



Alexandre
 Adler, décédé à 72 ans. Journaliste et historien, géopoliticien, spécialiste des relations internationales, de l’URSS et du Proche-Orient, il était normalien et agrégé d’histoire. 

À Libération (1982-1992), puis au Courrier International où il a été rédacteur en chef et directeur éditorial (1992-2002), au Monde mais aussi au Figaro, au Point, à France Culture, il était l’auteur de nombreux best-sellers et comptait parmi les habitués des plateaux radio-télés.


Arnaud Bédat, décédé à 58 ans.

Journaliste suisse d’investigation, il collabora à Paris-Match, France 2, Zone Interdite, 66 Minutes, Le Droit de savoir, 50 minutes inside, etc. et débuta à la Course autour du monde en 1983-84.


Jacques Duquesne, décédé à 93 ans. 

Né  à Dunkerque, diplômé de Sciences Po, il débute à La Croix en 1957. Grand reporter, il dénonce les tortures en Algérie de l’armée française. Rédacteur en chef de L’Express de 1967 à 1971, il participe au lancement du Point en 1972. Rédacteur en chef, puis directeur adjoint de la rédaction, il sera PDG de 1985 à 1990. Il a également été DG de La Vie. Jusqu’en janvier 2020, il présidait l’association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste, propriétaire du groupe Ouest-France.


Marie-Laure de Decker, décédée à 75 ans d’une longue maladie. 

Photographe et reporter de guerre pour l’agence Gamma, elle a couvert les conflits de la seconde moitié du XXe siècle, notamment au Vietnam et au Tchad. Photographe de mode et de publicité, elle a aussi été photographe de plateau pour le cinéma.


JUIN 2023


Claude Sarraute, décédée à 95 ans. Elle débuta comme correspondante de journaux britanniques avant de rejoindre Le Monde dans les années 50, en tenant la rubrique Spectacles. Longtemps pensionnaire des « Grosses Têtes » de RTL, romancière, elle cessa ses collaborations en 2017 n’étant plus en capacité de marcher, voir et entendre. Elle était la mère du haut fonctionnaire Nicolas Revel, DG de l’AP-HP et la belle-mère du moine bouddhiste Matthieu Ricard de par son mariage avec le journaliste Jean-François Revel.



MAI 2023


ARMAN SOLDIN (AFP) TUÉ PAR UNE ROQUETTE RUSSE 


9 mai : Arman Soldin, 32 ans, journaliste français de l’Agence France Presse, a été tué dans l’est de l’Ukraine dans une frappe de roquettes russes Grad. (ci-contre autoportrait Armand Soldin/AFP)


Le bombardement a eu lieu à  Tchassiv Iar, près de la ville assiégée de Bakhmout, épicentre des combats depuis plusieurs mois.

Coordinateur vidéo, il était en compagnie de quatre confrères et de militaires ukrainiens, tous indemnes.

Les hommages sont venus du monde entier pour saluer la mémoire du reporter, en Ukraine depuis septembre 2022. Une enquête a été ouverte pour crime de guerre.

Né à Sarajevo (Bosnie) en 1991, il a un an lorsqu’il quitte son pays avec ses parents dans l’avion officiel français qui assure des rapatriements. Il passe son enfance à Rennes, où vivent toujours sa mère et son frère, et pratique le football au Stade Rennais de 2006 à 2008. 

Recruté comme stagiaire en 2015 au bureau de Rome de l’AFP, il rejoint Londres pendant plus de sept ans, et revient en Italie en 2018, couvrant les tragédies migratoires de Méditerranée. L’année dernière, il s’était porté volontaire pour couvrir les tout premiers jours de l’invasion russe en Ukraine.

«  Arman était enthousiaste, énergique, courageux. C’était un vrai reporter de terrain, toujours prêt à partir y compris dans les zones les plus difficiles » a déclaré Christine Buhagiar, directrice Europe de l’AFP, considérant qu’il était « d’une dévotion totale à son métier de journaliste ».

« Sa mort est un terrible rappel des risques et dangers auxquels sont confrontés les journalistes au quotidien en couvrant le conflit en Ukraine » souligne Fabrice Fries, PDG de l’AFP, soulignant que « l’agence dans son ensemble est effrondrée ».

Pour l’AFP et Canal+ il suivait aussi la Premier League anglaise de foot et son dernier commentaire remonte au 15 avril pour Chelsea-Brighton, entre deux missions en Ukraine.

Arman Solin est le 11e reporter ou employé de médias à avoir été tué depuis le début du conflit, selon un décompte des ONG présentes sur place. 

Diplômé de l’université de Londres (UCL), il était titulaire d’un master en journalisme de l’université Lumière de Lyon. 

Pour mémoire, le 30 mai 2022, Frédéric Leclerc-Imhoff, 32 ans, JRI pour BFM TV, avait été tué par un éclat d’obus.


25 mai : décès de Bernard Mathiaud, à l'âge de 81 ans. Ancien journaliste reporter d'images pour France 3 Bretagne et France 3 Strasbourg. Passionné de cyclisme, il avait couvert de nombreux Tours de France.


18 mai : décès de René Paillat, à 76 ans. Ancien chef du service des sports de Centre Presse à Poitiers où il débuta en 1972, ce vendéen avait pratiqué l’athlétisme et le football avant de devenir journaliste. 


13 mai : décès de Christian Deville, à 66 ans. Il avait pris sa retraite en 2019 après 27 ans de carrière. Il débuta dans les années 80 en tant qu’ingénieur du son à RTL et Radio France. D’abord chroniqueur à Radio France Isère pour des magazines consacrés aux sports d’hiver, cet amoureux de la montagne commença à France 3 Alpes en 1992 pour les JO d’Albertville. Titularisé en 1995 à Tarbes, puis à Besançon, il rejoindra Grenoble en 2000.


11 mai : décès de Jean-Paul Germonville, à 73 ans. Ancien journaliste à L’Est Républicain à partir de 1981, passé par l’agence de Montbéliard, au siège de Houdemont, et à Nancy, cet ancien enseignant aux Beaux-Arts d’Épinal exprimait sa vraie passion pour l’actualité musicale, jazz et rock. Grand reporter, il ira aussi bien en Bosnie qu’en Afghanistan, et assura également des chroniques judiciaires. 


4 mai : décès de Jean-Jack Meunier, à 71 ans. Pendant des décennies, pour France Bleu puis Le Midi Olympiqueil a couvert les matches du Rugby club Orléans. Figure de la presse du Loiret, il suivait la plupart des autres sports. Correspondant de presse, il était aussi salarié de France Télécom.


AVRIL 2023


30 avril : décès de Noël-Jean Bergeroux, à 82 ans. Formé à l’ESJ de Lille, il débuta à L’Express avant d’arriver au service politique du Monde en 1969. En 1981, il retournera à L’Express comme rédacteur en chef puis directeur général adjoint. Jean-Marie Colombani, devenu directeur du Monde en 1994 le convaincra de revenir pour réorganiser la rédaction. En 2000, il présidera le groupe des journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant, Centre-Presse) dans lequel Le Monde tentera une aventure sans lendemain. 


25 avril : décès de François Léotard, à 81 ans. Ancien ministre de la Culture et de la Communication de 1986 à 1988, son nom reste attaché à la privatisation de TF1 vendue par l’État 4,5 Mds de francs au groupe Bouygues en avril 1987 qui l’introduira en bourse. Ministre de la Défense de 1993 à 1995, puis président de l’UDF de 1996 à 1998, ancien député-maire de Fréjus (Var) pendant près de vingt ans, il était le frère de l’acteur Philippe Léotard, décédé à 60 ans en 2001.


24 avril : décès de Hugues Vassal, à 89 ans. Reporter-photographe à France Dimanche, il est l’un des fondateurs de l’agence Gamma et était le photographe attitré d’Édith Piaf sur laquelle il a écrit six livres. Sa photo la plus célèbre a été prise en Afrique du Sud en 1969 sur l’apartheid. On y voit des hommes blancs et noirs, séparés par une corde blanche sur la tribune d’un stade à la mine d’or de Bloemfontein. Il a aussi été le photographe du Shah d’Iran de 1966 à 1976.


20 avril : décès de Patrice Claude, à 75 ans. Ancien grand-reporter au Monde, spécialiste du Moyen-Orient et notamment d’Israël et de l’Irak. Il avait commencé sa carrière en Afrique du Sud pour la terminer au Royaume-Uni de 1998 à 2001.


5 avril : décès de Patrick Hollebecque, surnommé « Oscar » à 79 ans. Ancien journaliste au service des sports de Nord-Éclair. En 2005 il avait publié « Les grandes figures de Paris-Roubaix ».



MARS 2023


28 mars : décès de Bernard Tavitian, à 69 ans. Après des études de droit à Bordeaux, il entre en 1979 à FR3 Aquitaine radio, pour animer une émission musicale rock. Journaliste JRI, il deviendra rédacteur en chef adjoint de France 3 à Tours, Bayonne et Bordeaux en 2004, après être passé par les rédactions de Strasbourg, Lille, Amiens, Orléans. Retraité depuis 2019, il vivait à Andernos, dans le bassin d’Arcachon. Passionné de musique, il était connu depuis les années 80 dans le monde du rock bordelais.


17 mars : décès de Henry Simonet, à 68 ans. Journaliste JRI à France 3 Limousin il avait pris sa retraite fin 2019. Originaire de Montluçon, reconverti du secteur de la confection, il avait débuté en 1990 à FR3 La Rochelle avant de s’installer à Limoges où, fidèle du CSP et militant syndical, il est devenu une figure de la télévision régionale.


19 mars : décès de Jean-François Fogel à 76 ans après un AVC. 

Journaliste, il participa à la définition de la stratégie rédactionnelle de la filiale numérique du Monde et au lancement du site le monde.fr.

Déjà, en 1994, et jusqu’en 2002, il avait pris part à la relance du « quotidien du soir » avec une nouvelle formule. Après des débuts à l’AFP il avait collaboré à Libération et au Point.

Avec Bruno Patino, qui préside Arte il a co-écrit deux ouvrages majeurs sur le tournant numérique de la presse : La presse sans Gutenberg en 2005 et La condition numérique en 2013. Ensemble ils avaient créé le site francetvinfo.fr devenu franceinfo.frIl a également compté parmi les dirigeants de la Fondation pour un nouveau journalisme en Amérique Latine et a aussi été enseignant à l’École de journalisme de Sciences Po.


13 mars : décès de Patrick Pesnot à 79 ans. Ancien producteur de l’émission « Rendez-vous avec X » qu’il anima pendant plus de 18 ans sur France Inter de 1997 à 2015. Spécialiste des affaires sensibles, secrètes ou d’espionnage, cet ancien reporter de l’ORTF avait publié deux romans noirs sous le pseudo de Georges Patrick


8 mars : décès de Amer Ouali à 62 ans à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif. 

Né à Ait-Saada en Algérie, il débuta au quotidien Liberté avant de devenir correspondant à Alger de l’AFP, couvrant les conflits en Irak et en Syrie. En 2014, il avait été nommé directeur du bureau d’Alger de l’AFP avant de rejoindre le siège à Paris. Auteur de plusieurs romans, le dernier paru en 2023 est intitulé « De miel et de sang, un amour à Bab-el-Oued ». Une biographie du chanteur Idir doit paraître en mai prochain.


FÉVRIER 2023


PHILIPPE TESSON

Philippe Tesson
journaliste-polémiste (photo AFP/BELGA)

1er février : décès du journaliste Philippe Tesson, à 94 ans. 

Ce fils d’huissier, né en 1928 à Wassigny (Aisne), est passé par Sciences Po avant de se lancer dans un tour du monde à l’âge de 20 ans. 

Après une thèse sur « le romantisme allemand et les sources littéraires du nazisme », il devient à 32 ans rédacteur en chef de Combat en 1960. Un quotidien qu’il délaissera quelques mois avant sa fermeture en août 1974, pour fonder son propre journal Le Quotidien de Paris financé grâce au groupe de presse qu’il dirigeait avec son épouse, Marie-Claude Millet (1942-2014), médecin, qui possédait Le Quotidien du Médecin, Le Quotidien du Pharmacien et Le Quotidien du Maire.

L’aventure s’arrêtera en 1978 en raison de difficultés financières. Un an plus tard, le journal reparaît avec une ligne éditoriale libérale, critique, en opposition à la gauche victorieuse en 1981. 

Le Quotidien de Paris disparait définitivement en 1994.

Passionné de littérature et de théâtre, Tesson dirigea parallèlement Les Nouvelles Littéraires de 1975 à 1983, tout en étant un chroniqueur remarqué pour son ton dans l’émission Le Masque et la Plume sur France Inter. Il collabora aussi au Canard Enchaîné, au Figaro Magazine, à Valeurs Actuelles, au Point et à L’Express. 

Polémiste à contre-courant, il intervenait régulièrement à la radio et à la télévision chez Ardisson, Ruquier, Guillaume Durand. Certains propos lui vaudront même des poursuites judiciaires.

Membre des prix Interallié et Nimier, il dirigea le bimensuel L’Avant-Scène Théâtre et une collection aux éditions de La Table Ronde.

En 2010, il racheta le Théâtre de poche-Montparnasse qu’il dirigeait avec ses deux filles.

D’une exceptionnelle vitalité malgré son âge, ses yeux bleus, sa voix reconnaissable, l’ont même poussé à monter sur scène à 90 ans, dans son spectacle Le Boeuf sur le toit écrit à la gloire de Cocteau.

P. Tesson était le père de l’écrivain Sylvain Tesson, de la journaliste Daphné Tesson et de la dramaturge Stéphanie Tesson.



25 février : décès de Roland Faure à 96 ans. Journaliste, il est le créateur de France Info en 1987, alors qu’il était PDG de Radio France de 1986 à 1989. Il a également été membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel de 1989 à 1987. Il avait été rédacteur en chef de L’Aurore et directeur de Toutes les Nouvelles de Versailles.



3 février : décès de Martine Baylet à 72 ans. Soeur de Jean-Michel Baylet, président du groupe La Dépêche, elle était la mère d’Éric Laffont-Baylet, directeur des relations extérieures du groupe de presse régionale. Actionnaire, elle a siégé au conseil d’administration où son fils lui avait succédé. Pendant plusieurs années elle a dirigé l’hebdo local Le Républicain de Marmande, propriété depuis 2014 du groupe Publihebdos.


10 février : la Commission de la carte d’identité des Journalistes Professionnels annonce le décès dans sa 67e année de Géraldine Rossi, son ancienne directrice de 1989 à 2014. 

Elle avait notamment contribué à la modernisation de la gestion avec l’informatisation des demandes de cartes dès 1995. Sans toujours le savoir, les journalistes, notamment jusqu’à la carte 125000, lui doivent beaucoup.



23 février : décès de Pierre Hénault à 50 ans. Journaliste sportif depuis presque 30 ans, il a été terrassé par un cancer foudroyant. Après des débuts à Nord Éclair à Lens, il avait rejoint La Nouvelle République à Poitiers, puis à Blois où sa compagne Natacha Monhoven est directrice départementale adjointe.



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