mercredi 21 janvier 2026

Les Échos-Le Parisien : Michèle Benbunan succède à Pierre Louette

Michèle Benbunan, 63 ans, ex dirigeante de la société d’édition EDITIS - cédée en 2023 par Vivendi à CMI - succède à compter du 22 janvier à Pierre Louette, 63 ans, qui occupait la fonction de PDG du groupe Les Échos-Le Parisien depuis 2018.

Pierre Louette a permis « la mise en oeuvre d’une transformation numérique  profonde et la défense des enjeux fondamentaux de la presse » souligne le communiqué du groupe LVMH, indiquant qu’ « il entame un nouveau chapitre de sa carrière ». 

Ancien PDG de l’AFP (2005-2010) puis ancien DG d’Orange (2010-2018) il se murmure qu’il pourrait briguer la présidence d’Orange en mai prochain…

Énarque passé par le secrétariat général de France Télévisions et le cabinet du Premier ministre Édouard Balladur, le patron de presse entretenait des relations difficiles avec les journalistes qui craignent pour l’indépendance des rédactions face à ­l’actionnaire Bernard Arnault.

Le 23 septembre dernier, il avait démenti les rumeurs persistantes d’un possible rachat du Parisien par Vincent Bolloré :  « Le Parisien n’est absolument pas à vendre », affirmait-il au Figaro. Ces propos n’ont pas convaincu les personnels qui votèrent à plus de 70 % une grève immédiate de 24 h. 

Début novembre, on apprenait que LVMH avait bel et bien envisagé de vendre le quotidien, plusieurs fois renfloué (83 M€ en 2018, et 65 M€ en 2022). Le leader mondial du luxe exigera de la direction la mise en place d’un plan pour retrouver l’équilibre financier au plus vite, accompagné d’une ultime recapitalisation de 150 M€.

Ainsi, le départ de Pierre Louette prend des allures de constat d’échec face à une mission impossible, en dépit de la suppression de près de 40 postes. 

Marc Feuillée, DG du groupe Figaro a été désigné pour lui succéder à la présidence de l’APIG (Alliance de la presse d’information générale qui associe la presse nationale et régionale).


S'adapter aux évolutions du marché


Michèle Benbunan, à la tête du pôle média de LVMH, a pour mission principale de redresser le Parisien. Des décisions structurelles deviennent nécessaires. Depuis 2018 elle dirigeait la société de distribution Presstalis, liquidée en 2020 pour devenir France Messagerie. Pendant 28 ans chez Hachette Livre, elle est diplômée de Sciences Po Paris et l’ENSAE.


Officiellement, ce changement de gouvernance stratégique vise à « poursuivre la modernisation de l'organisation dans un environnement concurrentiel, à consolider les actifs médiatiques du leader mondial du luxe tout en assurant la pérennité de ses modèles économiques face aux évolutions d’un marché compétitif en perpétuelle évolution ».


> Outre Les Échos et Le Parisien, le groupe possède Radio Classique, la chaîne de télé musicale payante Mezzo, les magazines Historia et Connaissance des Arts, l’institut de sondages OpinionWay. 

Depuis 2024, Paris Match et 80 % de l’agence photo Abaca. Depuis 2025, le groupe Bey Médias (L’Opinion, l’AGEFI). Depuis janvier 2026, les éditions Croque Futur avec Challenges, Sciences et Avenir, La Recherche. Les Échos ont pour filiales Investir, Mieux Vivre votre argent, Boursier.com, WanSquare, La Lettre de l’Expansion, Capital Finance. 

La holding Agache, filiale de LVMH, est propriétaire du Paris Football Club. 


BILLET Bolloré : stop à la diabolisation antisémite !

Pas un jour ne passe sans que Vincent Bolloré soit la cible d’attaques au vitriol. Certes, CNews, le JDD et Europe 1, ne sont pas des modèles de pluralisme. 
A contrario, que serait la production cinématographique et télévisuelle française sans Canal+ ? 

Pas question ici de peser le pour et le contre, d’arbitrer et de commenter le « projet idéologique et politique » dont on accuse ce « bollorisme » de plus en plus associé à la conquête du pouvoir par l’extrême droite. Assurément la vision du personnage Bolloré reste trop manichéenne.

D’autres milliardaires sont aussi cloués au pilori (Bernard Arnault et Pierre-Edouard Stérin), comme l’a été jadis Robert Hersant pour son passé « collabo » et « papivore » adepte de la concentration des médias. 

Mais, depuis quelques mois une infâme petite musique se répand autour des origines juives de Bolloré : Nicole Marie Goldschmidt (1899-1993), la grand-mère maternelle du ‘’Breton’’, était étroitement liée aux banquiers Rothschild et Bernheim. 

Vincent n’est qu’un pistonné ! En 1981, il débuta professionnellement à la banque Rothschild, Jean Veil - le fils de Simone - a été avocat du groupe Bolloré… 

Catholique affirmé, il cacherait ses vraies origines… 

L’utilisation déformée de ces faits, répandus insidieusement sur les réseaux sociaux sans modération, alimente un intolérable contexte antisémite, une haine banalisée, qui n’apporte strictement rien à la critique menée contre  l’ « empire médiatique ».  Stop !                 

                                                                                                                   Thierry Noël


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