Le journaliste français Raphaël Boukandoura, 35 ans, a été interpellé le lundi 19 janvier à Istanbul par la police lors d'une manifestation du parti prokurde DEM - troisième force au Parlement turc - contre l'offensive de Damas dans le nord-est de la Syrie.
Reporters sans Frontières a confirmé cette garde à vue du journaliste, correspondant de plusieurs médias français (Courrier international, Mediapart et Ouest-France), lors de ce rassemblement organisé contre l'éviction des combattants kurdes des régions qu'ils contrôlaient dans le nord de la Syrie.
RSF a appelé à « la libération immédiate du journaliste qui ne faisait rien d'autre que son devoir légitime en couvrant cette protestation ».
Raphaël Boukandoura, ancien étudiant du CUEJ de Strasbourg, risque l'expulsion alors qu'il réside et travaille en Turquie légalement depuis plus de dix ans. Accusé d'avoir scandé des slogans lors de la manifestation - ce qu'il a fermement démenti - il a indiqué aux autorités qu'il se trouvait là en sa qualité de journaliste.
RSF rappelle que la Turquie est à la 159e place sur 180 de son classement de la liberté de la presse, entre le Pakistan et le Venezuela.
En 2017, deux autres journalistes français avaient été arrêtés en Turquie : Loup Bureau, détenu plus de 50 jours sous l'accusation d'appartenir à une "organisation terroriste" et Mathias Depardon, détenu un mois pour "propagande terroriste". Les deux ont été expulsés vers la France.
