mercredi 21 janvier 2026

Laurence Bloch : « supprimer l’audiovisuel public : un projet criminel »

Au terme de cinquante ans de carrière à Radio France, Laurence Bloch a trouvé le temps de regarder dans le rétroviseur en publiant chez Stock un livre intimiste : Radioactive.  De simple stagiaire en 1974 à France Culture jusqu’à la direction éditoriale des antennes, en passant par France Inter, la jeune diplômée de Sciences Po a su s’imposer face à un monde machiste et misogyne où rien ne lui sera épargné. À l’époque, elle était la seule femme de la rédaction avec Arlette Chabot !

Provinciale née dans l’Oise, écartelée entre sa famille maternelle auvergnate et un judaïsme paternel longtemps tu, elle a réussi à se construire. 

Après l’ombre de ses mentors - Jean-Marie Borzeix, ancien journaliste à Combat, Paul, son premier amour qui deviendra son mari - et une psychanalyse commencée à l’âge de 39 ans, la frêle journaliste est enfin sortie de sa chrysalide. 


À la tête de France Inter en 2014, dont elle fera en douze ans la radio la plus écoutée de France, elle changera l’ordre établi imposant humoristes, chroniqueurs, producteurs.

Sa recette : « la radio c’est une incarnation, la mission majeure de l’information, des métiers artistiques. Sur le service public, on doit fabriquer du commun, s’adapter à l’évolution des usages, bousculer les programmes » explique-t-elle dans une conférence récente devant des étudiants de Sciences Po Toulouse.

France Inter, une radio trop parisienne, « de gôche » ? Laurence Bloch répond à ses détracteurs : « On respecte strictement un cahier des charges. Il y a des valeurs humanistes et l’on doit parler à tous les Français. Ceux qui veulent supprimer l’audiovisuel public ont un projet criminel. Les menaces sont politiques, idéologiques ».

Dans son collimateur : « Le groupe B et les plateformes américaines » (Ndlr : groupe B comme Bolloré).

Forte et fragile à la fois, Laurence Bloch revient sur ses épreuves : les attentats de 2015, la crise du Covid, la disparition d’êtres chers comme Mathieu Sarda, rédacteur en chef, le 7 octobre 2023… Sur une île grecque, elle s’est efforcée d’oublier. Son livre se veut une « toute petite leçon de vie » qu’elle veut partager.  

                                                        Radioactive. Stock. 234 pages. 20 €  

Les Échos-Le Parisien : Michèle Benbunan succède à Pierre Louette

Michèle Benbunan, 63 ans, ex dirigeante de la société d’édition EDITIS - cédée en 2023 par Vivendi à CMI - succède à compter du 22 janvier à Pierre Louette, 63 ans, qui occupait la fonction de PDG du groupe Les Échos-Le Parisien depuis 2018.

Pierre Louette a permis « la mise en oeuvre d’une transformation numérique  profonde et la défense des enjeux fondamentaux de la presse » souligne le communiqué du groupe LVMH, indiquant qu’ « il entame un nouveau chapitre de sa carrière ». 

Ancien PDG de l’AFP (2005-2010) puis ancien DG d’Orange (2010-2018) il se murmure qu’il pourrait briguer la présidence d’Orange en mai prochain…

Énarque passé par le secrétariat général de France Télévisions et le cabinet du Premier ministre Édouard Balladur, le patron de presse entretenait des relations difficiles avec les journalistes qui craignent pour l’indépendance des rédactions face à ­l’actionnaire Bernard Arnault.

Le 23 septembre dernier, il avait démenti les rumeurs persistantes d’un possible rachat du Parisien par Vincent Bolloré :  « Le Parisien n’est absolument pas à vendre », affirmait-il au Figaro. Ces propos n’ont pas convaincu les personnels qui votèrent à plus de 70 % une grève immédiate de 24 h. 

Début novembre, on apprenait que LVMH avait bel et bien envisagé de vendre le quotidien, plusieurs fois renfloué (83 M€ en 2018, et 65 M€ en 2022). Le leader mondial du luxe exigera de la direction la mise en place d’un plan pour retrouver l’équilibre financier au plus vite, accompagné d’une ultime recapitalisation de 150 M€.

Ainsi, le départ de Pierre Louette prend des allures de constat d’échec face à une mission impossible, en dépit de la suppression de près de 40 postes. 

Marc Feuillée, DG du groupe Figaro a été désigné pour lui succéder à la présidence de l’APIG (Alliance de la presse d’information générale qui associe la presse nationale et régionale).


S'adapter aux évolutions du marché


Michèle Benbunan, à la tête du pôle média de LVMH, a pour mission principale de redresser le Parisien. Des décisions structurelles deviennent nécessaires. Depuis 2018 elle dirigeait la société de distribution Presstalis, liquidée en 2020 pour devenir France Messagerie. Pendant 28 ans chez Hachette Livre, elle est diplômée de Sciences Po Paris et l’ENSAE.


Officiellement, ce changement de gouvernance stratégique vise à « poursuivre la modernisation de l'organisation dans un environnement concurrentiel, à consolider les actifs médiatiques du leader mondial du luxe tout en assurant la pérennité de ses modèles économiques face aux évolutions d’un marché compétitif en perpétuelle évolution ».


> Outre Les Échos et Le Parisien, le groupe possède Radio Classique, la chaîne de télé musicale payante Mezzo, les magazines Historia et Connaissance des Arts, l’institut de sondages OpinionWay. 

Depuis 2024, Paris Match et 80 % de l’agence photo Abaca. Depuis 2025, le groupe Bey Médias (L’Opinion, l’AGEFI). Depuis janvier 2026, les éditions Croque Futur avec Challenges, Sciences et Avenir, La Recherche. Les Échos ont pour filiales Investir, Mieux Vivre votre argent, Boursier.com, WanSquare, La Lettre de l’Expansion, Capital Finance. 

La holding Agache, filiale de LVMH, est propriétaire du Paris Football Club. 


TÉLÉVISION La chaîne régionale Wéo liquidée

21 janvier : le tribunal de commerce de Lille a prononcé la liquidation de la chaîne de télévision régionale Wéo au 31 janvier. Cette chaîn...